FIN DE ATTENDEZ-MOI SOUS L ORME
DÉMOCRITE
COMÉDIE EN CINQ ACTES, ET EN VERS
B&PB.KSKJUÉE, PODB LA FHXHlfeaX FOIS, LE MABDl 12 JAKV1KR 1700.
AVERTISSEMENT
dm oomédie a élé représentée , pour ta première lois, le mardi 12 janvier 1700, moi le litre de Dimo- KiiTi Mocmti. Son succès a été complet ; elle a en , dans m nouveauté , dlx-tept représentations: depnii elle a été trèteonvetit repriee , e t est rartée au théâtre.
Malgré ce succès , la comédie de Disocxrra ■ été tItoment critiquée, nirtonl dam aa nouveauté; mail le gcdt couttaat du publie pour cette place a fait taire enfin les critiqua»: on ne peut nier cependaotque plusieurs de leurs observation! ne «oient (ondée*.
Ou a reproché, avec quelque justice, an poète d'avoir travesti Démocrite en un pédant ridicule et peu semé : s'il raisonne , c'ett d'une manière inintelligible , et eu employant un jargon digne des Marpborius et des Pancrace; c'est un irai docteur de la oomédie italienne qui n'a d'un niant que le» debon emprunté», et 'cache un Ignorance en affectant un langage obtcnr , hérissé de terme» qne penonnené comprend , et qu'il ne comprend pas lui-même. SI Démocrite fait l'amour, c'est alor» que le ridicule et l'extravagance «ont a leur comble; c'ett une caricature digne du théâtre sur lequel Keguard a lait ses premier) emk.
On confient que le» critiques ont i cet égard quelques fondement»; cependant Regnard n'est pu tout-a-fail ineicusable. 11 n'a point chercha a nom peindre Démocrite tel qu'il étoit; lia voulu seulement non» représenter sous ce nom no finis philosophe, on plutôt un siiionnairc , conte nr impitoyable de» début* de se* semblable* , quoiqu'il toit tnjet a de» faiblesses de même ualnre , et qn'il «ait lontaamoiM aussi ridicule que ceni anx dépens ne qui il ne ccsan de rire. Ou ne poniTOit que loi reprocher d'avoir nommé ce fou Démocrite, chose qui peut déplaire à ceux qui conservent quelque respect pour la mémoire de cet
Le» autres critiques Mml injustes, et le poète a bienfait de n'y avoir aucun égard. On conseillait à Regnard de reirancber le premier acte de sa pièce, pour conserver l'unité de lien; ouf aecusott aussi d'aTOirfaU revivre S Athènes l'état monarchique pendant la île de Démocrite,
quoiqu'il fut éteint alors depuis pins de sept cent* ans. L'uni lé de lieu ne Mette otrrertemeut le» régies que tortqu'une partie de l'action se patte a une distance trèe-éioigoéo de l'autre ; cette unité est rabordoonée à ortie du temps, et tonte» le» deux ont pour fondement la siaamii
liait nous que la raison Isa» régies engage, Noos Youlous qu'avec art l'acnou se ménage i Qu'eu un lieu, qu'eu un jonr, un seul bit accompli Tienne Jusqu'à la Bu le mettre rempli, jamais an «pnctateur u'oftre* rien dlncrorahle.
Boit «m, Àtt poétique, Chant in.
Ou ne peut donc point dire qne l'unité de n'en soit vioiée, lorsque l'endroit où commence l'action esta à peu de distance de celui où elle Suit , qne cette distance puisas) être franchie dans un espace de quelque* benre», parce qu'alors il n'y a rien qui choque la Traitemblance. Tel est le premier acte de Diuocam. Il te paaae h la proiimité d'Athènes , dam nn endroit écarté et solitaire où Démocrite t'étoit retiré. Le roi, qni t'était égaré a la coasse, découvre la retraite du philosophe. Le» quatre autres acte* se pansent * Athènes, dan» le palaitdu prince ; et onanme peu d'heure* ont sutn pour y transporter le philosophe et ta tuile, il n'est rien qui ne toit dans la» règle» delà vraieem-
On trouve fréquemment, des exempte* de semblable* licences , si c'en est une, et la critique la pin» sévère ne l'est point permis d'en taire de» reproches i plusieurs rtc nos poète» moderne».
Quant 1 1 'anachronisme , Regnard n'a point prétendu que ta oomédie aervlt i fixer de» date* et A apprendre 1 "histoire ; et l'on ne peut raisonnablement Ira taira un reproche d'une licence que l'usage et le» règle» de la comédie autorisent.
Un autre poète» mi» aussi Démocrite rar la aetoo; ea 1 150 , Autreau fit représenter sur le théâtre de la Comédie italienne, Dèmorritr prétendu fou , comédie charmante, rejetée par le» comédien» français , et qui a tait on des principaux ornement» du Théâtre italien.
Le carudère de Démocrite, dan» cette pièce , etl mieux
DEMOCRITE, ACTE I, SCENE I.
nalnm , et répond roieui i l'Idée que nous n
bile de ee philosophe ; mais II but contenir
pièce est Iiien moins comkjoe qno celle de Regnsrd; le
dialogue est facile et plein d'esprii, miii H peu froid; le
caractère de Démacrile Mlle plut soigne, le mieux fait de
UnB.le Mal qui soutienne li pièce.
Dan* Régnant , an contraire , c'est celui qnt cet le plus négligé. H ■ tellement craint que ce personnage ne te ■enm de la froideur pbitceophiqrje , que, non conteo lavoir travesti ea un pédant ridicule , Il l'a (Pime eapecede valet philpsophe, oitrémcinentplaii nous parions dn personnage de Slrabou ; le» lailllei de
boenadés de Demoerlte et le* naïvetés de Tbaler, le lenl persan que Segnard ail Introduit sur la scène.
Non» ne disons rien dee deux scènes épitodiqnes de Straboa et de Qéanth-j j ou le* regarde , quanta l'Idée et qnant
Leiendetbéltredeeaii de leur rfteormnesrinre , disent le» antenra dé l'HIctolre dn Théâtre français, lot Invente par mademoiselle Baaat si, ehargéednrtlkdeCléaulhti,etpar!edenrLiiThQrilliÈK1 chargé de celui de Slrabou , et il a été religfeaeernerit observé par les acteurs et les actrices qui leur ont «accédé.
On ne nul pourquoi le* comédiens sont dans l'oaage de suporimer, É la représentation , la scène IV du fécondante. Démocrtte , récemmenl irrité i la eonr dn roi d'Athènes, parali anhi d'un intendant, d'au maltre-d hoieî , et de quatre grand» laquais. Ce cortège excite l'hamenr cynique dnphiL)tr^be;etuiitrwUonprâaeute,coinparoeèiBTie
le ami loi lait part dei volontés dn roi et de la naturelles
«-H5*— qu'O doit remplir auprès du philisophe, ce qui bondi une matière nouvelleà se» ri» et à tes critiques.
La scène Unit d'une manière tres-eomique : l'intendant et le inal tre-d'hûtel , qui parobsent amis et chercher ' i se reodre mutuellement service, tintent réciproquement et a toi» rurale an philosophe leur fnteUlgence et leur satolrtaire , tandis qui)) s'approchent de son oreille pour démeotn-toat te» ces éloges eiagérés. Bémoarite rit de tout «on eceur de ce manège n ordinaire dans les cour», elles cengé- ' wetr
lié, et l'estime qu'ils te
Celle scène est bteeoaalqp* t il nom semble qu'eue detroit produire de l'effet lia représenta tiou, et nous ne nouions imaginer la rfiaonqrire fait arippiTm
La cosoédie de Daaocirrs est restée an théâtre, et y est jouta tres-frequemment.
NOUS DES A CTEURS
QUI ONT SODÉ niM LA COU ECU DB DiaOCSJTI , nlHl 11
Itoc^u^.fcsiewPoisw.t.AgéUs.roid'Atfcefies.lt »»r»Baro«.A^enoT,l«rtflrr»afe5VCriseii,M"'Mioii-
Noie. Le sieur Poisson ne plat pai dam le rùlc de Démocrile, et l'abandonna après quelques représentations. lia été remplacé par le sieur Danconrt'.
PERSONNAGES
DEMOCRITE.
agÉlas, roi d'Amènes. AOÉNoa. prince d'Athènes.
ISMÈNE , prlueesse promise I Agélsa sthauon , suivant de Démocrile.
clka>thls , surtante d'Ismène.
CBISB1S, crue fille de Tfiiler.
T H ALBR , pajsan.
Du laTxaniHT.
DR MitTil-tfHOTSL.
OFsicixaa nu soi.