THAÏS
Il rit! de quoi?
De l'humaine nature.
Il soatient par raisons , que les hommes sont tous Sots, vains, extravagants, ridicules et fous. Pour les fuir, tout le jour il est dans sa caverne: Et la nuit , quand la lune allume sa lanterne , Nous grimponsl'un et l'autre au sommet des rochers, Plus élevés cent fois que les plus hauts clochers. Au astres, en ces lieux, nous rendons nos visites; Nous voyons Jupiter avec ses satellites ; Sous savons ce qui doit arriver ici-bas; Et je m'instruis pour faire un jour des almanacbs.
THALBB.
Desabnanachs! morgue, j'en voudrais savoir faire.
STB ABOI*.
Eb bien! changeons d'état ; ce n'est pas une affaire. Demeure dans ces lieux, et nui j'irai chez toi. Tu deviendrais savant ; tu saurais , comme moi , Que rien ne vient de rien ; et que des particules... Rien ne retourne en rien; de plus, les corpuscules... Les atomes, d'ailleurs, par un secret lien. Accrochés dans le vide... Entends-tu bien ?
THALBB.
Fort bien .
STBABON.
Que l'ame et que l'esprit n'est qu'une même chose ,
1 rirroii M conforme 1 l'édition originale et 1 celle Je 1 728.
Et que la vérité , que chacun se propose , Est dans le fond d'un puits.
Elle peut s'y cacher; Je ne crois pas , tout franc , que j'aille l'y chercher.
STBABON.
Hais, raillerie à part, achète mon office , Tu pourrais dès ce jour entrer en exercice , J'en ferai bon marché.
THALBB.
C'est bien l'argent , ma foi , Qui nous arrêterait] J'ai, si je veux, de quoi Faire aller un carrosse , et rouler à mon aise.
STHABON.
Et comment as-tu fait cela , ne te déplaise ?
THALBB.
Comment ? Je le sais bien , il suffit.
STBABON.
Mais enaor ; Aurois-tu par hasard trouvé quelque trésor?
THALBB.
Que sait-On ?
STBABON.
Un trésor ! en quel lieu peut-il être ? Dis-moi
THALBB.
Bon ! quelque sot 1... Vous Jaseriez peut-être ?
STBABON.
Non , ma foi.
Votre foi?
Vous me promettez ?
Parle donc au plus tôt.
Kst-il loin d'ici ?
THALBB, tirant un riche hracelat.
Non, le voilà dans ma poche.
STBABON , à put.
Le coquin dans le bois a volé quelque coche.