‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 264 sur 1244 · M" BERTRAND , LISETTE · texte numérisé non relu

M" BERTRAND , LISETTE

Ha' BERTRAND.

Ah ! tous voila ! Je suis fort aise de tous rencontrer. Parlons ensemble un peu sérieusement , je tous prie, mademoiselle Lisette.

LISETTE

Aussi sérieusement qu'il vous plaira , madame Bertrand.

m"* bebtbahd. , Savez- vous bien que je su js fort mécontente de la conduite et des manieras de ma nièce t ■

Xisette. ■:.■-'■

Comment doue,',, madame ! Que fai telle de mal , ■'il tous plaît?, y ,* ' .

»"' BEBTBlHD. ' Elle ne fait rien que de mal ; et le pis que j'y

trouve , c'est qu'elle garde auprès d'elle une coquine comme vous , qui ne lui donnez que de mauvais conseils, et qui la poussez dans un précipice où son penchant ne l'entraîne déjà que trop.

Voilà un discours très-sérieux bu moins , madame; et si je répondois aussi sérieusement, la fin de la conversation pourroit bien faite rire; mais le respect que j'ai pour votre,âge,etpour la tante de ma maîtresse , m'empêchera de vous répondre avec aigreur.

Vous avez bien de la modération!

LISETTE

Il seroit a souhaiter, madame , que tous en eussiez autant : vous ne seriez pas la première à scandaliser votre nièce, et à la décrier, comme vous faites , dans le monde, par des discours qui n'ont point d'autre fondement que le dérèglement de votre imagination .

h"* bkbtrand.

Comment , impudente! le dérèglement de mon imagination 1 C'est le dérèglement de vos actions qui me fait parler; et il n'y a rien de plus horrible ' que la vie que vous faites.

LÏSKTTE.

Comment donc, madame 1 quelle vie faisons-nous, s'il vous plaît?

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