‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 267 sur 1244 · MERLIN, LISETTE · texte numérisé non relu

MERLIN, LISETTE

MEBLLN.

Bonjour, ma chère enfant. Qui est cette vieille madame avec qui tu étois en conversation ?

, LISETTE

Quoi ! tu ne connois pas madame Bertrand, la tante de ma maltresse ?

MEBLIN.

Si fait vraiment! je ne connois autre; je ne IV vois pas bien envisagée. »

LISETTE

. C'est une femme fort à son aise, qui a de bonnes rentes sur |a ville , des maisons à Paris. Luciie est fort bien apparentée, au moins.

MEBLIN.

Oui , mais elle n'en est pas plus riche.

LISETTE

Il ne faut désespérer, de rien; cela peut venir. S'il lui mouroit trois oncles, deux tantes, trois couples de cousins-germains , deux paires de neveux et autant de nièces , elle se trouverait une fort ' grosse naritière.

■ Je n'H tro«n>é ce mo» *»i ejMSMa XtUûm tltgM»

Comment diable! Mais sais-tu bien qu'en temps de peste , cette fille-là pourrait devenir un trèsgros parti ?

LISETTE

Le parti n'est pas mauvais dès à présent ; et la beauté...

KEHLIIT.

Tu as raison, sa beauté tient lieu de tout ; et mon maître est absolument déterminé à l'épouser

LISETTE

Et elle, absolument déterminée à épouser ton maître.

min.

Il y aura peut^tre quelque tribulation a essuyer au retour de notre bonhomme de-père : mais il ne reviendra pas si tôt; nous aurons le temps de nous préparer; et mon maître ne sera pas malheureux , s'il n'a que ce chagrin-là de son mariage.

LISETTE

Comment donc? que veux-tu dire?

MEBLIN.

Le mariage est sujet à de grandes révolutions.

LISETTE

Ah 1 ah I tu es encore un plaisant visage, de croire que Clitandre puisse jamais se repentir d'avoir épousé Luciie , une fille que j'ai élevée !

MEBLIN.

Tant pis.

Une fille belle, jeune , et bien faite !

MEBLIN.

Il n'y a pas là de quoi se rassurer.

LISETTE

Une fille aisée à vivre !

HEBLIN.

La plupart des filles ne le sont que trop.

LISETTE

Une fille sage et vertueuse!

mbblii*. "

Et c'est toi qui l'as élevée ?

LISETTE

Parle donc, maraud; que veux-tu dire?

MEBLIN.

Tiens, veux-tu que je te parle franchement? cette alliance neme plaît point du tout ; et je ne prévois pas que nous y trouvions notre compte ni l'un ni l'autre. Clitandre fait de la dépense, parce qu'il est amoureux: l'amour rend libéral; Je mariage corrige l'amour. Si mon maître devenoit avare, où en serions-nous ?

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