LE RETOUR IMPREVU, SCENE XXII
votre absence,' sans cet honnête monfiieur-là.
GKKONTE, «a nurqulj.
Hél que Tenez- vous faire chez moi, monsieur, s'il vous plaît ?
Ne le voyez -vous pas biso sans que je vous le dise ? J'y viens de boire du bon Tin de Champagne , et en fort bonne compagnie. Votre (ils est encore à table , qui se console de votre absence du mieux qu'il est possible.
BSBONTX.
Le fripon me ruine. Il faut aller...
( U va pour rentrer cbei lui. )
LE MARQUIS , l'irréUnl.
Halte-là , s'il vous plait , je ne souffrirai pas que vous entriez là-dedans.
GRKONTE.
Je n'entrerai pas dans ma maison?
LB MARQUIS
Non ; les lieux ne sont pas disposés pour vous re-
Qu'est-ce à dire?
LBMAHQBTS. *
Il seroit beau , vraiment , qu'au retour' d'un voyage, après une si longue absence , un fils qui sait vivre, et que j'ai façonné, eut l'impolitesse de recevoir son très-cher et honoré père dans une maison où il n'y a que les quatre murailles !
GÉRONTE
Que les quatre murailles ! Et ma belle tapisserie, qui me coûtait près de deux mille écus, qu'est-elle devenue?
LE MARQUIS
Nous en avons eu dix-nuit cents livres; c'est bien vendre.
ÛÉBOSTE.
Comment, bien vendre! une tenture comme celle-là I
LB MABQLIS'.
Fi ! le sujet était lugubre; elle représentait la brûlure de Troie : il y avoit là-dedans un grand vilain cheval de bois qui n'avoit ni bouche, ni éperons ; nous en avons fait un ami.
GBBOSTE, à Merlin.
Ahl pendant I
LB MARQUIS
N'aviez-vous. pas aussi.deux grands tableaux qui représentaient quelque chose?
GÉBOKTE. IX
Oui vraiment; ce sont deux originaux d'un fameux maître, qui représentent l'enlèvement des Sabines.
LB MABQUIS.
Justement : nous nous en sommes aussi défaits , mais par délicatesse de conscience.
GÉBONTE.
Par délicatesse de conscience I
LE HABQUIS.
Un homme sage , vertueux , religieux comme monsieur Géronte ! Ah ! il y avoit là une immodeste Sabine, décolleté*, qui... Fi! ces nudités-là sont scandaleuses pour la jeunesse.
, SCÈNE XXL,