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LES FOLIES AMOUREUSES

COMÉDIE EN TROIS ACTES, ET EN VERS

XEPBÉSBîrTÉB , POU« LA PREIHÈHR VOIS, LE MARDI 13 JANVIER l7M. .

AVERTISSEMENT

CmnconiëdiBi*!érepr黫ntée,ponriipreuil(rBtoij, lenurdi ISjaQTierno*.

n al très-possible qu'un ancien caneva* Italien , Intitulé, la Fin ta piuia , la Folio (opposée , lit tanrui 1 Heguard 1UM de cette comédie. Quai qu'il en totl, on ne peut que loi «voir gré d'iToir adapté h notre IhéJtre un caneraa informe , et d*»*oh- «a lalre nue comédie MMgTéaUe , d'nn sujet qui n'aTolt ea aucun *ncee* inr la Ibéétre de l'Opéra , ni rar ceint de la Comédie italienne.

Le premier opéra qui fut représenté en France était intitulé la 'Pesta tealrait delta Fini» posta. 11 fut exécute en |6t5 , tur le théâtre da Petit-Bourbon : le cardinal Haiariu «oit bit Tenir eiprt* de» muticleni d'Italie. Cependant le soccès de cet opéra ne fut que médiocre, nulgré Ions le* soins que l'on ne donna pour la réunit* d'une entreprise que favorisolt ce ministre.

Lea comédien* Italiens, Ion de leur rétablissement ( ea f 718 ), firent l'ouverture de leur théâtre par la flnia pou»», pièce italienne, qui est le même que celle qui etott été miie précédemment inr le ibéétre de l'Opéra, et qui étoit du nombre dei ancieni canem qu'ili apportoteot d'Italie. Voici ce que dit a ce rajat un tuteur du tempe : ■ Le tbéltre de i'botel de Bourgogne étant prêt,

* les comédiens Italien) en prirent possession le lundi

■ l« juinl7t6,etrepreaentereot ta FotUfuppoiée, Cette

■ pièce ressemble en partie an Fouis .mocucsn da

* Regnard , et É l'Aatoiu- Médeeta de Molière, n y eut

* grand monde a eetle première représentation j mata II

■ me parut que la* u-ota quart* j étaient venu* autant

■ pour Toir la talleque le *peeUKte, et II* eurent ptus « lieu d'être coulent* que ceux qui n'y éloientvenns que

■ poar Toir la pièce ': • 11 eo résulte que celte pièce eut encore moin* de succès mr ce théâtre, qu'elle n'en «volt en *nr celai de l'Opéra.

Hsgnardaété plot benreni. Ce rajet, mit qu'il eu (Ot l'inveatenr, *ott qn'l l'en t emprunté dnt Itaneo*, a ea

■noce* entre *e* main*. Sa pièce a été représentée quatone rota dan* a* noujeauté , a été tenir en [ repriia , et etl rektée au théâtre.'

Un vienx tuteur , amoureux et Jaloux , qui tient *a pupille captive , e*t la dupeaei stratagèmes que l'amour iïiggère a celte jeune prisonnière, qui parvient, malgré la Tlgilaoce de «ou argua/a tortir d'esclavage. Tel «aie fanera* usé de celte pièce -, mal* qoe Regnard a m rajeunir par l'art avec lequel I) l'a jraité.

Albert, personnage dur , quintaux, ef pliarre, n'eat point, comme l'ont dif quelque* crjtiques ;., no Tleiltard imbédlei c'est nn jaloux rosé, qui ne néglige aucune précaution pour s'aanurèr d'nn oljjei jjoai il «ail qu'il n'a pn gagner le cœnr; c'est un homme méfiant t qui tout le monde eat Mipect , et qui 3e conçoit pas de gardien pin* *ftr de >a mal lre**e qoe lui-même.

S'il eat la dupe de la feiu le fulie'd' Agathe, on ne peut l'attribuer à ["Imbécillité. La jeune personne joue ce personnage avec tant d'art , qu'Éraate lui-même *"v laine tromper, et n'est au fait de la fourberie quelorsquo sa maîtresse l'en a luirait par nue lettre.

S'il croit aupl légèrement aux secret* meneilleni de Criipln.ll tant avouer1 qne la circonstance reud tacrédullié excusable. Bresse de chercher de* secours an mal qui lonrniente ta maîtresse , Albert «sait avec ejDpreatementtoaiceqniaepreseote.il n'eal pat rare, dana de pareille) circonstance*^ de donner tête baissée dan* les rêverie* d'nn charlatan. On a rn précédemment combien AlbertaTolt but jwu de «a* , et de la science , et du personnage. — ■

Le rôle de Crisplu n'est pa* non pin* celui d'un arlequin balourd ; it ressemble plutôt aux arlequin* iulriganta et rusés que Dominique a m I* cor la soène : Il n'eat point inutile aux projets d'Agatbe , ou plutôt il aide i les consommer. Ce rôle d'ailleurs est saillant, plein de gaieté ; on ne peut que lui reprocher de rassembler nn peu trop aux autres valets que Regnard a ml* sur la scène.

Le rôle d'Agatbe, qui a para le meilleur de la pièce , est sans contredit le principal , et celui que l'auteur a le

OEUVRES DE REGNÀRD.

pi» soigné j cependant c'esl ceint qui non* «amble le plus défectueux. On doit s'accoutumer dilflcilemenl a la hardieue d'unejeane fille de quinxc 0111 , qui , nous prëleite de feindre l'eilravagance , te permet le» prupo» le» plut dan et les plu Injurient conlre son tuteur , les discouru la plut libre* et le» nioirumesurésa l'égard de son amant. Celn(eur,fl eat irai, est un homme haïssable; mal» (Isa papille ne ressent point pour lui d'amour , elle lui doit au moina quelque reconnoissauce d'avoir élevé ion enfance , quelque respect relativement à ann ige. Une jeune per- «onne qui se dépouille aussi facilement de cet teulimenls perd beaucoup de l'intérêt qu'elle devrait naturellement inapirer.

L'auteur a 16011 ce défaut , et pour le diminuer , il a donné i Albert tous le* défauts possible» : il ne» a pa* fait nu honhomme simple et crédule , que m «implicite aurolt rendu quelque peu intéressa rit ; il n'a pat voulu qu'il fût possible de plaindre «on jaloui : de cette manière H justifie, autant qu'il le peut, ta conduite d'Agstbe. Plu» il rend pesant le joug de la servitude sous laquelle elle gémit , plus il autorise le» ressorts qu'elle fait jouer pour . alTrauchlr. Cependant , malgré tout ton art , on sera ; joun mal disposé pour une jeune Bile capable d'une treprise aoui hardie.

Dominique, SI) du fumeux. Arlequin de l'ancienne troupe, a trouvé ce sujet théâtral, et l'a mb tur la acèoe llaliauue le 19 janvier ITSS, sou» le litre de ta r'ofJe rai- Kmnablt. Sa pièce a beaucoup de conformité avec lis Foi.ms moua tuais.

M" Arganle se laisse éblouir par les richesses de H. Bastemine , et lut promet ta 611e Sflvia, déjà promue i Léartdre. Pour rompre ce projet , Silvia feint de devenir mile: elle dit qu'Apollon l'attend sur le Pâmasse, qu'elle y doit souper avec lui ; ensuite elle ae travesti l en homme, et, bous l'habit d'an garçon, elle insulte Bastemlue, el veut loi faire mettre l'épée A la main. Elle change 'bientôt de travestissement : on la voit paroltre en pèlerine , el , tous prétexte d'aller' en pèlerinage, elle lait tes adieux a la compagnie. Bastemine, qne toute* cet extravagance* Intriguent el rebutent , retire sa parole et l'en va. Léandre' alors se présente , il demande la main de Sihla , el l'obtient

Tel eat l'extrait de celte comédie p>u connue, et qui n'est, comme on le voit, qu'une copie maladroite de* Fous* iao«i«iisu. SI les dem poêle* ont puisé dant la même source , il faut contenir que c'est avec un succès bien différent.

On rapporte , dans le* Anecdotes dramatiques, qu'à une reprise des Fouis iaouiuass «.H11" Le Couvreur voulut c jouer dan* cette pièce le rote d'Agathe ; malt coûuae

■ elle ne savolt pas jouer de ta guitare , un nommé Cba-

■ brun , fameux maître de guitare , étoil dant le trou dn

■ souffleur, et accompagnott l'air Italien, pendant que

■ M"" Le Couvreur toucboll * vide. Malgré cet précau-

■ tiona , ou ne put faire Illusion an public , et cela donna * un petit ridicule a M1* Le Couvreur. ■

PERSONNAGES

ALBERT, Jaloux . et tuteur d'Agi tbe.

ÊBASTE, amant d'Agathe.

agathe, amante d"Éra»te.

LISETTE, tenante de H. Albert.

CKISPIK. valet d'Éristt.

■e. devant le cMlean d'Albert.

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