‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 331 sur 1244 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PLATJTK , APOLLON , MEECUHK.

iroLLOH.srmia.

Pendant que tu rirais , je Cal comblé de gloire , Autant qne de ton temps auteur le fut jamais; J'ai lait graver ton nom an temple de Mémoire , Et t'ai prodigué met bienfaits.

Il est vrai. Mais enfin, quelque amour qui tous guide, Lot dons qu'aux beaux esprits prodigue votre nuls ,

N'ont rirai de réel , d« solide , Et n'otent pas toirjoun les toina du lendemain. Qui ne mâche cbet voua qu'un laurier Insipide ,

Court risque de mâcher a vide,

Et si j'avois à reprendre naissance, J'aimeroii mieux être portier D'un traitant ou d'un tout-fermier.

Que mignon de votre excellence.

C'est faire peu de cas , el mettre ■ trop bat prti Les faveurs qu'Apollon dispense aux beaux «tprltt ; Et mon avis n'est pas le votre.

J'en pourrais mieux parler qu'on autre.

Croirieï-Tous que, sur mon déclin, Laissant le dieu des vert, que j'élolt las de suivre, Ne pouvant me donner de pain , Je me suis vu réduit, pour riïre, A tourner la meule an moulin ?

tTOCBU

Tonal

OEUVRES DE REGNARD

Si Pinte a (ait en ce lieu a retraite, Où donc iMTMTQM-DOqi nog rimeun d'aujourd'hui ?

Uu poète aisément s'endort dam la mollisse. L'abondance souvent , unie t la pareate , Sèche ta veine et la tarit:

Enfin , quel qu'ait élé voire tort domestique , Je Tient , charmé de tôt talents , Von» demander une pièce comique , De celles qne dans Home on fit de Tolre temps. Pour savoir si le goûl antique

i enoor ses partisans.

J'en donte fort. Les caractères , • Les esprits, les mœurs En près de deoï mille an ont bien changé , je croi.

Et , par exemple , dites-moi , A Paris aujourd'hui de quel goût «ont les dames ?

Mais... elles sont du goût des femme*.

\ Rome, île mon temps, libres dans lenrs soupirs, Elles ne trouroieut point l'hymen nu esclavage ; Et , rainant du dit oroe un légitime usage , Elles changeoiuut d'époux au gré de tara désirs.

On ! ce u'est ptm te tempe. Une loi plus austère File une femme au premier choli :

Elle ne pent avoir qu'un époux à la fois; Mais no usage moins tétera

Aux coquettes do temps permet eocor parfois

L'avoir anlant d'amants qu'elles en peuvent faire.

Mais toi ton enoor, par la ville.

Une troupe Ucbe et stérile

De fade» et maoTils plaisants Qidchei les grands de Rome atloient chercher A vivre,

Et qui ne ceaeolent de les «livre ,

Soft 1 la TlUe , toit aux cusmps 7 De ces lâchas flatteurs v des. complatiumisserriles. Que dans met vert j'ai souvent exprimés f

Dos parait les affames ,

De cet Importants inutiles ,

Qui tous la jours dans lea nwiaeus , A l'heure du dîner , font de suret Tifitn f

Non ; mais l'on y voit des tiascons Qui Talent bien des parasites.

Le goût étant changé , ce

Une pièce de moi , je crois , ne plalroit guère ;

A moins qu'Apollon ne m choix

D'un auteur comique et français ,

Qui pût accommoder le tout A sa manière ,

Porter la scène ailleurs , changer , faire et défaire :

S'il pooioit réussir dans ce noble dessein ,

Moitié fraoçoit , moitié romain ,

Je pourrais peut-être enoor plaire.

Je me sourient qu'on de ces jours , Un anleur , qui parfois erre dans cet détours ,

MefltTOirua sujet qu'on nomme

Les Mxn tCHHxa , qu'il dît aTolr tiré de Tout ,

El qui fnt applaudi dans Rome.

Tout antenr que je sois ' , je ne suis point jaloux Qne mon travail loi soit utile.

Le sujet qu'il a pria Divertit autrefois an penple difficile ; El peut-être aura-l -H même sort à Parla.

Sur cet augure heureux, de ce pas je vais faire Tout ce qui te Pour mettra La pièce et

HERCURE, mi.

Messieurs, ne soyex point en peine

Comment je puis si promplement Ajuster cette pièce , et faire en on moment

Qu'elle paroisse sur la scène.

Noua autres dieux , d'un coup do niain

Mous passons tout effort humain.

Agrées donc mes soins , et , pour reconooissance

D'avoir TOulu tous divertir , Afw pour mon travail quelque peu d'indulgence ; El Tout n'aurex pat tien de tous en repentir. J'Écarterai de tous tout ce qui peut vous nuire , Coupeurs de bourse adroits, médecins, usuriers, ÀTocats babillards, insolents créanciers;

Tous cet gens sont sous mon empire.

El s'il est parmi tous quelqu'un Posséda ni femme ou maîtresse fidèle

( C'est un cas qui n'est pas commun ) ,

Je n'emploierai jamais près d'elle.

Pour corrompre son cœur et sa fidélité ,

M mon art, ni mon éloquence:

C'est payer trop , en Térilé ,

Quelques moment! de complaisance j Hais un dieu doit user de générosité.

lit. Tout auteur que je

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