ACTE I, SCENE II
rien dire;
VÀLENTIN met I te
Quant à présent, monsieur, je ne vous puis
U u moment , s'il vous plaît , souffrez que je respire
Je suis tout essoufflé.
LE CHEVALTEK.
Veux-tu donc tous les jours Me mettre au désespoir, et me jouer ces tours? Jenesais qui me tient, quede vingt coups de canne,. Quoi ! maraud ! pour aller jusques à la douane Retirer ma valise, il te faut tant de temps ?
YALENTIH.
Ab! monsieur, ces commis sont de terribles gens! Lm Julb, tout Juif» qu'ils tout, sont moi ni il un, moins ws- 11s ne répondent point que par monosyllabes. Cbea.- Oui. Non. Paix.Quoi? Monsieur. .. Jen'ai pas le loisir. Mai», monsieur.. . Revenez. Faites-moi le plaisir. »
Vous me rompez la tête ; allez. Enfin , les traîtres , Quand on a besoin d'eux, sont plus fiers que leurs le chevalieb. [maîtres.
Quoi 1 tu serois rescS jusqu'à l'heure qu'il est Toujoursâ la douane?
YAI.EMTIN.
Oh ! non pas , s'il vous plaît.
Voyant que le commis qui gardoit ma valise Usoit depuis une heure avec moi de remise , Las d'avoir pour objet un visage ennuyeux , J'ai cru qu'au cabaret j'attendrais beaucoup mieux.
LS CHEVALIEB.
Faudra- 1- il que le vin te commande sans cesse?
VALÈHTttl.
Vous savez que chacun , monsieur, a sa faiblesse ; Mais le mauvais exemple , entier plus que le vin , Me retient, malgré moi , dans le mauvais chemin . Je me sens de hien vivre une assez bonne envie.
LE CHEVALIER
Mais pourquoi hantes-tu mauvaise compagnie ?
VALBKTIN-
Je fais de vains efforts , monsieur, pour l'éviter ; Mais je vous aime trop , je ne puis vous quitter.
LU CHEvALlBB.
Que dis-tu donc , maraud ?
TUsUiim.
t .Monsieur, un long usage De parler librement me donne l'avantage. En pareil cas que moi vous vous êtes trouvé ; Assez souvent , d'un vin bien pris et mal cuvé , Je vous ai vu le chef plus lourd qu'à l'ordinaire ; J'ai même quelquefois prêté mon ministère Pour vous donner la main et vous conduire au lit : De ces petits excès je ne vous ai rien dit : Nous devons nous prêter aux foiblesses des autres, Leur passer leurs défauts, comme ils passent les
LB CHEVALIBE. [nfitreS.
Je te pardonneras d'aimer un peu le vin , Si je te connoissois à ce seul vice enclin : Mais ton maudit penchant à mille autres te porte ; Tu ressens pour le jeu la pente la plus forte...
TALENTIN.
Ah ! si je joue un peu , c'est pour passer le temps. Quand vous percez ■ les nui ts dans certains noirs bre- Je vous entends jurer au travers de la porte : [lanB, Je jure , comme vous , quand le jeu me transporte ; Et, ce qui peut tous deux nous différencier, Vous jurez dans la chambre , et moi sur l'escalier. Je vous imite en tout. Vous, if une ardeur extrême,
i Celte leçon en conforme i Ndnlop originale. Dan» la pluptrtdH antre» édltion.,oullip(in«*" Heu de pore*. J'ai dc> bit remarquer le même- changement de la pari de* éditeur* , ■page ISA, acte 1", aceoe VI du Dittrail.
OEUVRES DE REGNARD
Buvez, jouez, aimez; je bois, je joue, et j'aime: Et si je suis roquet, c'est vous qui le premier, Consommé dans cet art, m'apprîtes le métier. Vous allez chaque jour, d'une ardeur vagabonde, Faisant rafle , partout , de ta brune à la blonde. Isabelle a présent vous retient sous sa loi ; Vous l'aimez , dites-vous : je ne sais pas pourquoi...
le cheval rEn.
Tu ne sais pas pourquoi ! Se peut-il qu'à ses charmes, A ses yeux tout divins ou ne rende les armes ? Je la vis chez sa tante , où j'en fus enchanté ; Le trait qui me perça , mon cœur l'a rapporté.
YALSHTIN.
Autrefois cependant pour sa tante Araminte, Toute folle qu'elle est , vous aviez l'Ame atteinte. J'approuvoîs fort ce choix : outre que ses ducats Nous ont plus d'une fois tiré de mauvais pas, J'y trouvois mou profit , vous cajoliez la tante , Et moi je pourchassois Finette la suivante. Ainsi vous voyez bien...
LE CHEVALIEB.
Oui; je vois, en un mot, Que tu fais le docteur, et que tu n'es qu'un sot. Pour t'empécher de dire encor quelque sottise , Finissons, et chez mof va porter ma valise.
YALENTIN, redraniit U oïliM, pour 11 luettre
J'obéis : cependant, si je voulois parler, Sur un si beau sujet je pourrais m' étaler.
LE CHEVALIER
Eh 1 tais-toi.
. TALBNTIÎI.
Quand je veux , je parle mieux qu'un autre.
LR CHEVALIER.
Quelle est cette valise?
TALSHT1H.
Eh 1 parbleu , c'est la vôtre.