‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 34 sur 1244 · LA SERENADE, SCENE VIII · texte numérisé non relu

LA SERENADE, SCENE VIII

Vous, monsieur?

H"" ÀBGANTE.

Je voudrais bien , pour voir , que tous ne le trounjaezpas bon!

M. GBIFON.

Monsieur mon fils, par quelle aventure est-il mention de tous dans tout ceci?

valbu.

Par une aventure fort naturelle , mon père. '

M. GBIFON.

Comment, une aventure fort naturelle?

M ABINK.

Oui , monsieur : mademoiselle est fille , monsieur en garçon; elle est aimable, il est joli homme; ils ont lait connoissaiice , ils s'aiment, ils sont dans le goût de s'épouser: ya-t-il rien là que de fort naturel?

SC API N

Il n'est point question de la nature là-dedans : c'est la raison et l'intérêt qui font aujourd'hui les mariages. Monsieur est le père , madame est la mère; la raison est de leur cdté , la natmw est une

sotte , et vous aussi , ma mie.

M°" ABGANT&

Il a raison.

uioaoB.

Quoi! à l'âge que j'ai y ma mère, vous voudriez me faire épouser un homme comme monsieur? Vous n'y songez pas.

VALÈBK.

Quoi! à l'âge que vous avez, mon père, vous voudriez vous marier à une fille comme mademoiselle? Je crois que vous rêvez,

LBONOB-

En Tenté, ma mère , vous êtes trop raisonnable pour exiger de moi une chose aussi éloignée de ■ bon sens.

Sérieusement parlant, mon père, voua, n'êtes point d'Age encore à radoter. ,

M-* ABGANTK.

Ouais! Et où sommes-nous donc? Allons, petite réticule, qu'en donne tout à l'heure, la main

:, s'il vous plaît.

M, GHIFON.

VAI.ÉBK.

Avec votre permission, mon père, cela ne sera pas , je vous assure'

H. GBIFON.

Cela ne sera pasj Que dites-vous à cela, monsieur la musicien?

Vous avez là un grand garçon bien mal morigéné'., monsieur.

H. GBIFON.

Pendard!

YALBBB.

Que diroit-on dans le monde , si , en ma présence, je vous laissois faire une action aussi extravagante que celle-là?

H. GBIFON.

Quoi donc extravagante? Comment donc? A ton père, malheureux!

MABINB.

A votre père!

SUPIN.

A votre propre père I

Quand il seroit mon père cent foi? plus7 qu'il ne l'est encore , je ne souffrirai point que l'amour lui fasse tourner la cervelle jusqu'à ce point-là.

H. GBIFON.

Mais quelle comédie Jouons-nous donc ici? Je tous demande pardon pour mon Sis, madame.

Cela n'est rien ; j'ai bien des excuses à vous faire pour ma fille, monsieur.

XABLNB.

Voilà des enfants bien obstinés. Mais aussi pourquoi vous exposer à vous marier , sans savoir ai monsieur votre fils le voudra bien?

M. GBIFON.

S'il le voudra bien ?

se A VIN.

Monsieur, avec trois ou quatsc cents pistoles ne pourrions-nous point le mettre- à la raison ?

H. GBIFON.

Je l'y mettrai bien «eus eet».

M~* ABÛANTB.

Et moi, je vous réponds de cette petite impertinente-là; elle vous épousera, ou je la mettrai dans un heu d'où elle ne sortira de long-temps.

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