SCÈNE IL DÉMOPHON, LE CHEVALIER, VALENTIN
VALENTIN
Êtes-vous , monsieur, un honnête homme Appelé Déroophon?
OÉMOPHOH.
C'est ainsi qu'on me nomme.
TAIBNTIlï.
Je me réjouis foi* de vous avoir trouvé.
Voijà mon mettre ici fraîchement arrivé,
Qui se nomme Hénechme , et qui vient de Péronne ,
A dessein d'épouser votre fille en personne.
DKjiophoS, au obenller.
Ah 1 monsieur, permettez que cet embrassement Vous fasse voir l'excès de mon contentement.
LE CHEVALIBB.
Souffrez aussi , monsieur, qu'une pareille joie Dans cet embrassement à vos yeux se déploie , Et que tout le respect ici vous soit rendu , Que doit a- son beau-père un gendre prétendu.
DÉMOPHON'
Votre taille, votre air, votre esprit, tout m'enchante ; Et mon âme serait entièrement contente, Si votse oncle défunt, que jevoyois souvent, Pour voir cette alliance étoit encore vivant.
LE CnSVALIEH,
Ah! monsieur, n'allez pas rappeler, de sa cendre Un oncle que j'aimois d'une amitié bien tendre. Ce garçon vous dira l'excès de mes douleurs. Et combien , à sa mort , J'ai répandu de pleurs.
VALENTIN
Qu'à son Ame le Ciel fasse miséricorde!
Mais nous parlé? de lui , c'est toucher une corde
Bien triste... et qui pourrait. ..Mais il étoit bien vieux.
Mais point trop .Nous étions de même âge tous deux, Cinquante ans environ.
YALBimn.
Ce mot te peut entendre En diverses façons, suivant qu'on le veut prendre. Je dis qu'il étoit vieux pour son peu de santé; Il se plaignoit toujours de quelque infirmité.
Point du tout; et je crois que, dans tonte sa vie, Il ne fut attaqué que de la maladie
Qui causa de sa mort le funeste accident.
LE CHBVALIEB.
C'étoit un corps de fer.
Il est vrai... cependant...
LE CHEVALIER, bu i Yilentin.
Tais -toi done,
DÉMOPHON
Ce discours peut rouvrir votre plaie; Prenons une matière et plus vive et plus gaie. Vous allez voir ma fille ; et j'ose me flatter Que son air et ses traits pourront vous contenter.
LE CHEVALIEH.
Il faudra que pour moi le devoir sollicite;
Je compte, en vérité, bien peu sur mon mérite.
DÉMOPHON
Vous avez très-grand tort , vous devez y compter ; Et du premier coup d'oeil vous saurez l'enchanter. Je me connois en gens, croyez-en jna parole: Et, déplus, Isabelle est una cire molle Que je forme et pétris comme il me prend plaisir. Quand voua ne seriez pas au gré de soq désir (Ce qui me tromperait bien fort), je suis son père. Et pour voir à mes lois estonien elle défère , Mettez-vous à l'écart , je m'en vus l'appeler ; Et, Sans être aperçu, vous l'entendrez parler. (U entre chei lui.)