‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 357 sur 1244 · ARAMINTE , LE CHEVALIER, DÉMOPHON · texte numérisé non relu

ARAMINTE , LE CHEVALIER, DÉMOPHON

ISABELLE

Ahl te voilà donc, traître ! Avec quelle impudence Oses-tu dans ces lieux soutenir ma présence! Après m'avoir traitée avec indignité, Ne crains-tu point l'effet de mon cœur irrité F

LE CHEVALIEB.

Madame , je ne sais ce que vous voulez dire ; Et ce brusque discours a de quoi m'interdire. Vous me prenez ici pour un autre, je croi. Quel sujet auriez-vous de vous plaindre de moi?

ABAHIKTB.

Tu feins de l'ignorer, âme double et traîtresse ! Tu m'abusois , hélas ! d'une feinte tendresse : Et moi , de bonne foi , Je te donnoîs mon cœur, Sans connottre le tien et toute sa noirceur.

LB CHEVALIEB.

Vous m'honorez vraiment par-delà mes mérites ; Mais je ne comprends rien à tout ce que vous dites.

DÉMOPHOn.

Ma foi, ni moi non plus. Mais dites-moi, ma sœur, A quoi tend ce discours? Quelle bizarre humeur?

LE CHETALIHH, à MmophOU,

Madame est votre sœur?

DÉMOPHON

Oui, monsieur, dont j'enrage; De plus , ma sœur aînée, et n'en est pas plus sage.

(A Anintnte.) Quel caprice nouveau ; quel démon , dis-je, eftfta , Vous oblige à venir, en faisant le lutin , Scandaliser ici monsieur, qui , de sa vie,

OEUVRES DE REGNARD

Ne tous vit , oe connut ', et n'en a nulle envie?

Il ne me connott pas ! Vous êtes fou , je crois'. Depuis plus de deux ans l'ingrat vit sous mes lois ; II a fait de mon bien un assez long usage : J'ai fait à mes dépens son dernier équipage; Et si de ses malheurs je n'avoia eu pitié , Il aurait tout au long fait la campagne à pied.

démophoh, b£j ta chevalier.

Je vous le disois bien , qu'elle était un peu folle.

LK CHEVALIER , bu k Démophon.

Elle y vise assez.

DÉMOPHON, bu an chevalier.

Oh < j'en donne ma parole.

Page 1