SCENE PREMIERE
M» ARGAOTE, ISABELLE, ÉRASTE.
K™ ABGAHTB.
C'est trop nous retenir, laissez-nous donc partir.
ÉBASTE.
Je ne puis vous quitter ni vous laisser sortir Que vous ne me flattiez d'un rayon d'espérance.
M™ ABGAHTE.
Je voudrais vous pouvoir donner la préférence. > Dm l'tWIUon original», est Me n'ert dlvUé qu'on cinq
EBASTE.
Quoi 1 vous aurez , madame , assez de cruauté Pour conclure à mes jeux cet hymen projeté , Après m 'avoir promis la charmante Isabelle? Pourrai-je, sans mourir, me voir séparé d'elle? ;
M™ ABGANTE.
Quand je vous la promis , vous me fîtes serment Que votre oncle , en faveur de cet engagement , Vous ferait de ses biens donation entière ; En épousant ma fille , il offre de le faire : Ai-je tort ?
ÉBASTE, k liibêlle.
Vous , madame , y consentiriez -vous ' ?
ISASEU.B.
Assurément , monsieur, il sera mon époux. Et ne venez-vous pas de me dire vous-même Qu'une fille , -malgré la répugnance extrême Qu'elle trouvoit à prendre un parti présenté , Devoit de ses parents suivre la volonté ?
ÉBASTE.
Et ne voyez-vous pas que , par cet artifice , Pour rompre ses projets, je flattois son caprice? Il est certains esprits qu'il faut prendre de biais , Et que, heurtant de front, vous ne gagnez jamais. Mon oncle est ainsi fait.
[k maiUme Argmte. )
L'intérêt peut-il faire.
Que vous sacrifiiez une fille si chère?
M"* ABGAHTE.
Mais le bien qu'il lui fait...
ÉBASTE.
Donnez-moi votre foi De rompre cet hymen ; et je vous promets , moi , De tourner aujourd'hui son esprit de manière Que les choses iront ainsi que je l'espère , Et qu'il fera pour moi quelque heureux testament.
M** AEOAHTE.
S'il le fait , ma fille est à vous absolument. Je vais d'un mot d'écrit lui mander que son âge , Que sa frêle santé répugne au mariage; Que je serois bientôt cause de son trépas ; Que l'affaire est rompue , et qu'il n'y pense pas.
ISABELLE
Je me fais d'obéir une joie infinie.
EHASTE.
Que mon sort est heureux 1 qu'il est digne d'envie! Mais Lisette s'avance, et j'entends quelque bruit.
OEUVRES DE REGNARD