‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 405 sur 1244 · LE LEGATAIRE UNIVERSEL, ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

LE LEGATAIRE UNIVERSEL, ACTE II, SCENE IX

Vous avez fait sans moi trop vite votre compte. Et qui sont ces parents ?

LISETTE

L'on est un Bas-Normand Gentilhomme, natif d'entre Falaise et Caen: L'autre est une baronne et veuve sans douaire , Qui dans le Maine fait sa demeure ordinaire, Plaideuse s'il en fut, comme on m'a dit souvent , Qiii.de vingt-cinq procès, en perd trente par an '

crispin.

C'est tirer du métier toute la quintessence. Puisque pour les procès elle a si bonne chance, Il faut lui faire perdre encore celui-ci.

LISETTE

L'un et l'autre bientôt arriveront ici.

Il faut , mon cher Crispin, tirer de ta cervelle, Comme d'un arsenal , quelque ruse nouvelle . Qui déporte Géronte à leur faire ce legs.

miiPiN.

A-t-il vu quelquefois ces deux parents?

Il a su seulement , par une lettre écrite ,

Qu'ils viendroient à Paris pour lui' rendre visite.

CHISPIK.

Mon visage chez vous n'est-fl point trop connu ?

LISETTE

Géronte , tu le sais , ne t'a presque point vu : Et, pour te dire vrai , Je suis persuadée Qu'il n'a de ta figure encore nulle idée.

CBISPIN.

Bon. Mon maître sait-il ce dangereux projet, L'intention de l'oncle, et le tort qu'on lui fait?

LISETTE

Il ne le sait que trop : dans son cosur il enrage , Et voudroit que quelqu'un détournât cet orage.

CBispin.

Je serai ce quelqu'un , je te le promets bien. Cela succession les parents n'auront rien ; , Et je veux que Géronte à tel point les haïsse , Qu'ils soient déshérites; de plut, qu'il les maudisse. Eux et leurs descendants à perpétuité , Et tous les rejetons de leur postérité.

LISETTE

Quoi ! tu pourrais , Crispin...

' Ce yctjh! conlorros mu édllloiu de ITIîl . 1714, IT9S. ITMi et II serait powtb'ie que l'auteur l'eût construit oinjl. Dam l'édl- UoodtiTtn.onUli

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CBISPIN.

Va, demeure tranquille; Le prix qui m'est promis me rendra tout facile : Car je dois t' épouser, si...

LISETTE

D'accord... mais enfin...

CBIHPtN.

Comment donc?

LISETTE

Tu m'as l'air d'être un peu libertin.

CSIBPIH.

Ne nous reprochons rien.

On sait de tes fredaines.

CBISPIN.

Nous sommes but a but, ne sais-je point des tiennes ?

LISETTE

Tu dois de tons côtés , et tu devras long-temps.

CBISPIN.

J'ai cela de commun avec d'honnêtes gens. Hais enfin sur ce point à tort tu t'inquiètes ; Le testament de l'oncle acquittera mes dettes ; Et tel n'y pense pas qui doit payer pour moi. Hais on vient.

C'est Géronte. Adieu ; sauve-toi '.

Va m'attendrc là-bas : dans peu j'irai l'instruire De ce que pour ton rôle il faudra faire et dire .

CBISPIN.

Va , va , je sais déjà tout mon rôle par cœur; Les gens d'esprit n'ont point besoin de précepteur.

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