SCÈNE IV
UNE FILLE en cavaHergMcoa, MERCURE.
LE GASCON
Cadédis, monsieur de Mercure, Je ne viens point faire de voeux , Comme font tous ces malheureux ; J'ai tout reçu de la nature.
Je suis plus noble que le roi , Et je ne le cède à personne ; Ma noblesse est plus-vieille et plus pure, je eroi , Que les sources de la Garonne.
J'ai plus d'esprit cent fois qu'il ne me faut; Ma taille est des plus à la mode:
Je ne vois en moi nul défaut ; Mais trop de valeur m'incommode .
MEHCUBE.
Oh ! oh ! ce t homme a le sang chaud. En ce temps de désordre, où l'on voit sur la terre Régner le démon de la guerre , Vous avez de quoi batailler.
u GASCOW.
D'accord : mais les hivers on ne peut chamailler.
Ce repos m'ennuie et me gêne .
Le sang me bout de veine en veine;
Je voudrais qu'il me fut permis,
Pour me tenir bien en haleine , De me battre en duel contre mes ennemis,
Trois fois seulement par semaine '.
MEBCUBB,
Vous êtes-vous battu parfois ?
■ Ces quatre dernier» ven «ot conforme»! l'AJilton de ITSl. Dan» l'édition de I7B0, le dernier e»t ooiia i et dan» le» otnUont ratadepunj.onllt:
OEUVRES DE REGNARD
LE GASCON
Non, ou je mens; Mais, certes, je m'en meurs d'envie.
MBBCURE.
Ce métier à ta longue ennuie, Lasse, etnenourntpasson maître bien long-temps.
LK GASCON
Lorsque je l'aurai fait dix ans , Je me reposerai le reste de ma rie.
HEBCUBB.
Ce souhait est vraiment nouveau , Et je ne vois rien de si beau D'aller a tout venant offrir la carte blanche : Mais, si vous commenciez lundi Ce jeu digne d'un étourdi , A peine iriez -vous au dimanche.
LE GASCON
Vousvousraillez,je crois. Remplissez mon souhait:
Ce m'est an jeu quand je m'exeros
A pousser la quarte et la tierce,
fît faire une passe au collet :
Du sort d'un ennemi je suis toujours le maître ;
Et , dans uu combat singulier ,
Je force à demander quartier
Quelque brave que ce puisse être.
MEBCUBB.
Quelque mortels que soient vos coups.
Je cannois, à votre visage.
Que bien des gens voudraient posséder l'avantage D'en venir aux mains avec vous.
Malgré l'habit qui me cache vos charmes , Voue ne sauriez ra'imposer en ce jour : Vous vous imaginez être fait pour les armes , Et vous êtes fait pour l'amour.
LB GASCON
□ faut donc que je me retranche Aux exploits que ce dieu m'offrira désormais , Et que je prenne ma revanche Sur des cœurs qui n'en pourront mais.