‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 468 sur 1244 · M AH · texte numérisé non relu

M AH

Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi , Seigneur ; je l'ai jugé trop peu digne de foi. On dit, et sans horreur je ne puis la redire, Qu'exerçant sur Vénus un rigoureux empire, Et vous-même étouffant tout sentiment d'époux-, Vous voulez l'immoler à vos transports jaloux. Contre ses volontés par vos soins retenue, Vous la faites , dit-on , ici garder à vue. On dit plus; on prétend que cette dure loi N'est donnée en ces lieux, n'est faite que pour moi. Qu'en dttes-MtB-tJelgueurT que ùut-fl que j'en penael Ne ferez-vous point taire an bruit qui nous offense?

Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins : Ma femme ignore encor mes ordres souverains; Et, quand il sera temps qu'elle soit enfermée, Voua en seret instruit avec la renommée.

OEUVRES DE REGNARD

MABS.

Et tous pourrie/. , cruel , la maltraiter ainsi !

VULCAIN

De vos secrets complots je suis trop éclairai : Vos discours me font voir ce que j'avois a craindre, Et vos lâches amours ne saur oient se contraindre.

MABS.

Seigneur, je ne rends point compte de mes amours : Vénus ignore encor quel en sera le cours ; Et , quand il sera temps, par tous ou par un autre Elle apprendra son sort , et vous saurez le vôtre.

VULCAIN

Ah! je sais trop le sort que vous me réservez.

MABS.

Pourquoi le demander, puisque vous le savez?

Pourquoi je le demande ! ô Ciel ! le puis-j e croire , Qu'on ose des ardeurs avouer la plus noire ? Vous pensez qu'approuvant vos feux injurieux , Je tous laisse achever ce complot à mes yeux; Que ma foi, mon honneur, mon amour y consente?

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