‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 48 sur 1244 · H. GAI FOI · texte numérisé non relu

H. GAI FOI

Passez votre chemin , mon ami.

champ agite.

Que je passe mon chemin ?

Oui.

Champagne.

Oui , qui le pourroit.

H. GttlïON,

Quel maraud est-ce ci ■ ?

CHAMPAGNE

Maraud! voilà quelqu'un qui me connolt. Je suis pins pesant que de coutume, et je ne sais si mes jambes pourront porter au logis tout le vin que faibli.

M GBIFOX, 4 part

Ne serait-ce point quelque émissaire de mon coquin de 61s , qui viendrait ici pour troubler la fête? Je veux m'en éclaircir. .

CHAMPAGNE

Holà, l'ami, qui parlez tout seul, suis-je loin de cbei moi , par parenthèse ?

m. emiroN.

Où loges-tu?

CHAMP Afin.

Hét palsembleu, si je le aavois, je ne le demanderais pas.

M. GBJFON.

Que cherches-tu dans ce quartier ?

CHAMPAGNE

Je ne sais, je ne m'en souviens pas. Je sais pourtant venu pour quelque chose. Ah !... monsieur Grifrm ; le connoissez-vous ?

M. CHIFON , I pirt.

Je ne me trompois pas , c'est un fripon.

CHAMPAGNE

Justement, un fripon, un vilain, un

m. 6MTOII.

A qui penses-tu parier i C'est moi qui suis monsieur Grifon.

CHAMPAGNE

Le diable emporte si je l'aurais deviné. Or donc ,

pour revenir à no* moutons , monsieur Mathieu,

cet antre vilain , ce ladre...

euro».

Ce pendard-là me fera perdre patience. ,

CH1MPAG1TE.

Patience , oui , c'est bien dit , allons doucement.

'tan» r*dIBorf lit IT90 el il*n» celle de (RIO, on III : Quel maraud at ceci i ce qu'on peut regarder comme une buie. Du* 1-tHttMi originale el étm «Ile de ffll , on Ht ■ ttt-a M.

Ce monsieur Mathieu donc , comme de vilain à vilain il n'y a que la main , il est a/rivé que , par la concomitance d'un collier..,, enfin je ne me souviens pas bien de tout cela.

M. GHIFOI».

Tu as oublié la leçon qu'on t'a faite. Combien te donne-t-on pour jouer le personnage que tu fais ?

CHAMPAGNE

Comme monsieur Mathieu est un vilain, je ne gagne pas grand'ebose; mais je suis sobre. m. GHirott.

Il y parott-

CHAMP AGITE

Venons à l'explication. Vous êtes monsieur Grifon , je suis monsieur Champagne : donnez-moi de l'argent au plus vite , car j'aihâte.

M. atiiFoiv.

Que je te donne de l'argent ?

CHAMPAGITB.

Oui, parbleu, de l'argent; je ne perds point le jugement, j'ai beau boire. Il me faut huit cent deux mille et quelques livres : j'ai le billet de monsieur Mathieu ; vous allez voir , car je n'y vois goutte.

M. G.BJFON, à pirt.

Voilà justement l'enclouure. (Haut.) Tu viens un peu trop tard pour m' attraper , mon pauvre ami : si tu as le billet de monsieur Mathieu, Je t'en donnerai.

CHAMP AGITE

Cela est fort judicieux et fort raisonnable ; j'aime les gens d'esprit. Je ne le trouve point, ce diable de billet.

m. suroît.

Cherche bien.

CHAMP AGITE

Je ne trouve rien , la peste m'étouffe. Je l'avois pourtant avant que d'aller au cabaret.

m. obifon.

Trouve-le donc.

CHAMPAGITB.

Oh! voua en demandez trop- Quand on a bu , on

ne peut pas retrouver sa maison , vous voulez que

je retrouve un billet : il n'y a pas de raison à cela.

m. GBiron.

Tu en as beaucoup , toi.

CHAMPAGITB.

Écoutez, ne nous brouillons point. J'étois de sang-froid quand je l'a) perdu , je le retrouverai quand je serai de sang-froid, cela est infaillible. Jusqu'au revoir.

M. fiHlfON.

Il n'est pas si ivre qu'il parait.

OEUVRES DE iVEGNARD.

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