TRIGAUDIN , LÉANDRE
(Trigaudln tous». ; LXANDBE.
Voua toussez fort.
tbigaotjtn.
C'est le bruit du barreau.
Ayant, ces derniers jours, dans toute une audience. Entretenu la cour sur un cas d'importance, Un brouillard, dont en vain je voulus me garder, M'a mis pour quatre mois hors d'état de plaider : Lorsque je veux parler , je souffre le martyre.
LBAKDBE.
Écoutez-moi , je n'ai que deux mots à tous dire.
A la bonne heure , soit; dépéchez seulement : Quoique en vacations , jusqu'au moindre moment , Le temps m'est précieux. Dites-moi votre affaire.
LXANDBB.
Il s'agit en ceci d'un amoureux mystère.
TBIOAUDIN.
Or , soit.
* LÉASDBB.
Je crois, monsieur, que vous êtes humain...
TBIGAUDIN.
Aux gens de bien, monsieur, je tends toujours la le asdbe. [ main.
Que vous êtes charmé de rendre un bon office.
TBIOAUDIN.
Expliquez-vous, je suis tout à votre service.
LÉANDHB.
Monsieur, un mien ami , de qui les intérêts M'ont toujours été chers et me touchent de près. Est fortement épris d'une fille très-belle, Qui répond à ses feux d'une ardeur mutuelle; Un père rigoureux veut forcer leurs désirs : ( Ces pères sont toujours ennemis des plaisirs. ) En cette extrémité, n'est-il point d'artifice Pour les mettre à couvert lies rigueurs de justice Contre l'enlèvement qu'ils sont près de tenter? L'ami pour qui je viens ici vous consulter M'a prié, ne voulant rien faire à la légère, De prendre par écrit votre avis sur l'affaire.
TBIGAUDIN.
Lorsque la voix publique a su vous informer De ce profond savoir qui me fait estimer, Elle a dû , ce me semble , aussitôt vous instruire De cette probité qu'en moi chacun admire; Et je ne sais , monsieur , qui vous donne sujet De me communiquer un si hardi projet : En cela je vous trouve un peu bien téméraire , Et n'ai point là-dessus dé réponse a vous faire.
LKANDBK.
Je conviens avec vous de ma témérité ,
Et mon début vous a justement irrité; [ haute ,
Mais , malgré mon audace, et trop grande et trop
S'il est quelque moyen de réparer ma faute,
J'oserai...
OEUVRES DE REGNARD
THIOAUDIH.
Quoi, monsieur!'
Vous prier instamment...
TBJGAUDIN, prenant ti boom.
Ces prières, monsieur, sont un commandement.
LÉANDBB.
Fort bien.
TBIGAUDIN.
Ne croyez point que l'intérêt m'engage A protéger le crime ou le libertinage; Et n'étoitqueje vois que c'est à bonne fin, Que tout cela ne tend qu'au mariage en fin , Vous me verriez toujours résolu de me taire. Oui , je pèse toujours mûrement une affaire , Et j'examine ' bien avant que m 'embarquer : Hais je vois bien qu'ici je n'ai rien à risquer. Cette affaire , monsieur , est de soi criminelle ; En matière de rapt, l'ordonnance est formelle: Hais , dans l'occasion , on peut bien quelquefois , En faveur d'un ami , faire gauchir les lois ; C'est là le fin, monsieur. Ce père inexorable, Quel homme est-ce ?
LBANDBE.
Un fâcheux , d'une humeur peu traitante, Qui n'a point d'autre but que son propre intérêt.
Quelque bourru , sans doute?
LBANDBE.
Oui, voilà ce que c'est.
TNGADDIH.
Ce complot se fait-il de l'aveu de la belle ?
LBANDKI.
Oui , tout cela se fait de concert avec elle : C'est ainsi qu'on m'a dit la chose.
T1IGAUDIK.
* Elle a raison;
Elle fera fort bien de forcer sa prison : Et quand un père usurpe un pouvoir tyrannique , On peut, pour s'affranchir, mettre tout en pratique. Que votre ami, monsieur, achève son dessein; J'entreprends le procès , si l'on poursuit.
Enfin, Vous approuvez la chose ?
TBIGAUDIN.
Oui. Qu'ils partent : le père Se trouvera , ma foi , bien camus.
LBANDBE.
On l'espère.
Ayez donc la bonté de signer votre avis.
TBIGAUDM.
Volontiers.
LBANDBE.
Vos conseils seront en tout suivis.
TBIGAUDIK.
Je réponds du succès. Savez-vous quelle cause Je plaidai l'autre jour ? Morbleu , la belle chose ! Je vais en répéter quelques traits seulement.