‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 487 sur 1244 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

M. TRIGAUDIN, GUILLOT, MATHIEU

TBIGABDIN.

Ces gens sont-ils muets? Que veut dire ceci? Que voulez-vous ?

GUILLOT

Monsieur.. .j'ons couru.. .jusqu'ici

Pour.. .Je sis essoufflé... Maquieu... conte la chore. Et défrinche... tout c'en que j'ons vu.

TRIGAUDIN

La pécore !

MATHIEU

Dis tai-même, s'tu veux... je sis tout hors de moi.

Ces lourdauds me feront enrager, que je croi. Que diantre voulez-vous? Parleras-tu , maroufle ?

GUILLOT

Monsieu... je n'en pis plus.

Le coquin, comme il souffle!

Qu'est-ce donc ? qu'y a-t-il ■ ?

MATHIEU

C'est que tout maintenant.

Comme j'allions nous deux... aux champs en dande-

tbigaudin. [nant.

Tu diras ce que c'est , ou , morbleu , je t'assomme.

GUILLOT

Pour vous le faire court , j'ons vu tuer un homme.

TRIGAUDIN. A put.

Voici de quoi payer mon souper.

MATHIEU

Ah!

GUILLOT

Celi qu'eu a tué , c'est le genre à Maquieu.

' TRIGAUDIN

Eh 1 tant mieux. Bonne affaire, ou je meure.

GUILLOT

J'ons morguenne arrêté l'assassin tout sur l'heure; Pis , l'ayant enfariné dans la grange à Gariau , J'ons couru... vous voyez, j'ons le corps tout en

TRIGAUDIN. [y«U.

Avez -vous des témoins ?

GUILLOT

J'en avons à revenre.

MATHIEU

Monsieu , tout chaudement si vous vouliez le penre.

■ CM mot), ()U 'ent-ee donc ? qu'y a-t-il ? se trouvent duu JAiltiou de IT31 . lia k>m omk dîna la autres édltiou, et nul remplacé* par dea point* au commencement de 11 pfenee «il-

OEUVRES DE REGNARD

TRIGAUDIN

Il faut y procéder, et j'y vais à l'instant.

Hais, dites-moi d'abord, quel est le délinquant?

GtlLLOT.

C'est...

TRIGAUDIN

Eh bien 1 parle donc.

GUILLOT

Un garçon de village.

TBIGAUDIN.

C'est bien à des marauds de tuer ! Ah ! j'enrage ! Ce n'est pas là , morbleu , ce que j'ai cru d'abord. J'en rabats plus de quinze; et je me trompe fort Si je ne demeurois pour les frais de l'enquête.

MATHIEU

Morgue, monsieu, partons.

TRIGAUDIN

Va , tu me romps la tête.

MATHIEU

Peut-être qu'on lairra sauver le criminel.

TBIGAUDIN.

Eh bien! sauve qui peut, rien n'est si naturel; Le jeu ne vaudrait pas aussi bien la chandelle.

Ma si...

TRIGAUDIN

Les importuns !

GRTFFONET, M. TRIGAUDIN, GU1LLOT, MATHIEU.

GBIFFOSET. ïeoaiit arec précipitai iou.

Monsieur, bonne nouvelle !

Un homme assassiné !

TRIGAUDIN

J'ai tout su de ces gens.

Quoi ! vous n'y courez pas ?

TBIGAUDIN.

Eh ! nous avons du temps ; Demain il fera jour ; rien encor ne se gâte.

GUILLOT

Oui , mais...

TBIGAUDIN.

Courez devant, si vous avez si bâte.

MATHIEU

La chose presse.

A l'autre! au diantre le plat-pied !

OBIFFONBT.

Tous ne savez donc pas que la béte a bon pied?

TBIGAUDIN.

Comment?

OBIFFONBT.

Que l'assassin que ces gens ont fait prendre Conduisoit au marché des cochons pour les vendre?

TBIGAUDIN.

Des cochons!

GBIFFONET.

Oui, vraiment.

TBIGAUDIN.

Eh bien ! qu'en as-tu fait ?

GBIFFONBT.

Belle demande !

TBIGAUDIN.

Encor ?

OBIFFONBT,

Serez-vous satisfait?

J'ai tout mis en prison.

TBIGAUDIN.

Où donc ?

OBIFFONBT.

Dans une étafale.

Un novice auroitfait arrêter le coupable; Mais, instruit au métier par vos douces leçons , Laissant le délinquant , j'ai saisi les cochons.

TBIGAUDIN.

Tu seras quelque jour un juge d'importance. Mais, sans perdre de temps, partons en diligence; Allons , que l'on me bride un cheval ; dépêchons.

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