ISABELLE, RODOLPHE
ISABELLE, croyant parier t Léandre.
Je cède à mon impatience; Et, tandis que la nuit triomphe encor du jour,
■ Traduction de rafr itàll/n.
dtl que no» peine» mortel In
Parmi Ici è plues cruelles
On toit le* roses les plu* belles ;
m milieu dei lournKuUj.
Cher Léandre, je viens, conduite par l'amour, Vous dire de mes feux toute la violence.
Quel plaisir de tromper et les soins et les yeux D'un jaloux importun qui m'obsède en tous lieux!
Que je le hais! que son amour megéuel Rien n'est comparable à la haine Que je ressens pour ce jaloux , Que l'amour violent dont je brûle pour vous.
BODOLPHE.
Ingrate I
Ah Ciel!
BODOLPHB.
Ma voix t'étonne.
Je sais les trahisons où ton cœur s'abandonne.
Si !e sort trahit votre espoir, C'est à tous qu'il faut vous en prendre ; Pourquoi cherchez-vous à savoir Ce qu'on ne veut pas vous apprendre?
■OOOLPHB.
Odieux!
ISABELLM.
Ne m'aimez plus ; rompez, rompez des nceuds Qui ne sauroient vous rendre heureux.
RODOLPHE
Puis-je briser la chaîne qui m'accable ? Mon cœur par vos attraits s'est trop laissé charmer ; Si vous ne voulez pas m'aimer,
Souffrez du moins que je vous trouve aimable. Je veux vous adorer malgré moi, malgré vous; J'espère que le temps rendra mon sort plus doux.
ISABELLE
Dans mes veux vous avez pu lire Le sort que vous gardoit mon cœur .
Jamais d'aucun regard flatteur Ai-je entrepris de vous séduire?
Ah ! quand on ressent quelque ardeur, Les yeux sont-ils Bi long-temps il le dire?
BODOLPHE.
Pour rendre le calme à mes sens.
Et pour payer l'amour dont mon âme est atteinte, Dites que vous m'aimez < trompez-moi J'y consens; Cette fausse pitié, cette cruelle feinte Peut-être calmeront les douleurs que je sens.
ISABELLE
C'est une peine, quand on aime , D'avouer un penchant qu'on trouve plein d'appas ;
Ce seroit un supplice extrême De déclarer des feux que l'on ne ressent pas. BODOLPHE. ■*
Mon tendre amour, de votre haine
Ne sera-t-îl jamais victorieux?
Vous gardez le silence; insensible! inhumaine!
ISABELLE
L'aurore va paraître, il faut quitter ces lieux. SCÈNE IX.
OEUVRES DE REGNARD