‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 569 sur 1244 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DAMON , CRISPm.

caispm. [point,

On! par nu foi, monsieur, je ne vous comprends Et je veux, s'il Tous plaît, raisonner sur ce point : Pour vivre i 1b campagne, et pour être tranquille , Ad milieu de l'hiver tous sortes de ta Tille; Pots à peine arrivé, tous regagnez Paris. D'un si prompt changement qui ne serait surpris ?

DAMON

Ce voyage , Cr lapin , ne doit pas te surprendre : Je reviens a Paris par l'ordre de Léandre; «Car tout ce qu'il souhaite est un ordre pour moi , Et de lui plaire en tout je me mis une loi. ''

Tu sais qu'unis tous-deux d'une amitié parfaite...

'. chisput.

Nous voilà donc ici, parce qu'il le souhait»? ,

DAHOW.

Ta l'as dit.

cuspir.

J'ai , monsieur, quelque petit toupet» ;

De grflee, apprenez-moi si j'ai tort ou raison. Je crois , sans vanité , n'être pas une bête , Et lorsque je nw mets certaine chose en' tête. . . Tous êtes amoureux , ou je suis fort trompé.

DAHON.

Comment?

CKlftBin.

Quand tous étiez tout entier occupé Du dessein d'assurer I e bonheur de Léandre , Et d'engager -Gérante à l'accepter pour gendre, Le vieillard refusoit ; vous , content et joyeux, Vous reveniez les soirs , affable, gracieux : Crispin , me disiez-sous avec un air paisible. J'ai perdu tous mes soins , Gérontë est inflexible.

Dixon.

D'accord.

CBISPIR.

Après cela, lorsque sur son esprit Vous eûtes pour Léandre acquis quelque crédit, Je tous vis tout d'un coup triste, mélancolique, Brutal et souffletant votre cher domestique', Tout oe que je faisois était toujours mal fait r. Et jamais de mes soins vous n'étiez satisfait. Je me disoïs tout bas: H en tient, notre mettre; De Julie amoureux , il n'ose le paroltre : Ses soins prés du vieillard ont du succès enfin, Et voila le sujet qui cause son chagrin.

' DAXOIT.

Tout ce que ta -disois étoit trop véritable. Julie atoit surpris...

' cuspin.

Morbleu 1 qu'elle est aimable!

Sa suivante Nérintt est bien aimable aussi. Hais pourquoi , s'il vous plaît, revenons-nous ici? Ayant fait tant d'efforts pour votre ami Léandre , Jusques après la noce il vous falloit attendre.

DAMON

La noce est différée eneor de quelques jours ,

-fdrec* G00g[C

Et je sens que mes feux vont reprendre leur mai. Je nepuis t'eiprimer jusqu'où' va ma surprise : Léandre m'a mandé de venir sans remise. NosamantssontWoumés,ii n'en faut point douter ; Si j'en crois ma faiblesse, il en. faut profites. - Mais ,'CrispUi ,' je perdrois plutôt cent fois la vie , Que de faire à Léandre aucune perfidie.

Bon ! mourir, quand on a si long-temps combattu ! Oh ! pour moi, je sens bien que j'ai moins de vertu. Nérine m'a donné vivement dans la .vue; Sitôt que je là vois , Je me sens l'âme émue ; Je ne m'en cache point. Lolive est mon ami : Hais le diable, monsieur, n'est jamais endormi; Et si Nérine -veut , ma foi , quoi qu'il aime, Malgré notre amitié , je supplante Lolive. .

Pour ton compte., Crlspin^, fais ce que tô voudras ; Mais de tels procédés ne me conviennent pas. Pour m'éclaircir de tout, je vais chercher Léandre : Tu peux ni'attendre ici, je viendrai te reprendre.

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