SCÈNE V. '- JULIE , NÉRINE
Enfin , vous le voyez , chacun est étonné Que votre hymen encor ne soit pas terminé. Quel étrange amoureuXque votre beau Léandre 1 C'est lui qui doit presser, n'est lui qui fait attendre; Et depuis plus d'un mois que cet amant chéri V oua est, par bon contrat, engagé pour mari ; Lorsque rien De s'oppose à votre mariage , Il ne profite point d'un -pareil avantage il Qu'attend-il, s'il vous plaît? Je vous dis, en un mot, Qu'uta amant qui diffère est infidèle ou soL
Il m'a dit ses raisons, dont je t'ai fait mystère. -
snjjujn.
En étes-vous contente?
niub Ouï.
KSEINE.
.le dois donc me taire , Et croire, après cela," qoé Léandre fait bien; Quoique j'en doute- fort , je ne replique.rien; En tout ceci pourtant je suit intéressée , Et-de conclure , moi, je suis un peu pressée. Le maître est votre amant, le valet a ma-foi: Le-'delai vous convient; il me déplaît, à" moi.
jrjLin. ■ ■
De semblables discours choquent la bienséance » Nérine; Songe au moins que ton impatience ■' Fart tort à notre sexe et blesse la pudeur.
MHBJNB.
Chansons! depuis Ion g-tempsjesUlir fi lie d'honneur, Et je comprends fort bien qu'en oit de mariage La plus impatiente est toujours la phw sage. Hais ne contestons plus : dites-moi seulement Ce qui porte Léandre à ce retardement.
JULIE
Tu l'aurais pénétré , si tu pouvd*«w»r«i*r» Jusqu'où va, pour Danion, ^amitié de Léandre. Il m'a donc conjurée , au M.m de notre amour. D'attendre que Damon fat ici de retour, Afin que cet' anrf , dont les soins et le sèle Ménagèrent, dtt-ir, une unton -sHwMtj ,** • ^ Reçut de lui, de moi , ces marques d'ainMf .
' HÉKIHB .
Ce sontlà ses raisons? - ■ * ' "" ''•'
' JOLIE. '1. ' , " i . ■
Oql. ■ *
arÉB'rirE-.
Géra flrit pWé. '■> » ■ Peut-on se contenter d'un prétexte si fade? Je crois que lepauvrehonjme aie cerveau maladé,- Oui, depuis quelques jours je vois ses yeux hagards* Le trouble est répandu dans ses brusques regards : ' Il rêve incessamment, il est quint eu* , bizarre;. Vous voit-il , son esprit s'inquiète et s'égare ; Il bégaie en parlant, Béstsombreet-distrait. ' Ne se repent-il point du marché qu'il a fait?
Me préserve le Ciel d'avoir cette pensé*!
NKE1KK. ,'
De ses sottes taisons je suis bien offensée.
JULIE
Cesse de le blâmer, et calme tes esprits : Tu vois que- Damon vient d'arriver à Paris.
tiBBINK.
Il ne me faut donc plus , pour me tirer de peine ,
\fÀ
Que voir aussi Lolive arriver de Touraine.
jto>ie.
Il ne peut pu tarder.
Non , depuis quinze jours Qu'à est parti d'ici pour s'en aller a Tours...