‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 578 sur 1244 · LE CURIEUX IMPERTINENT, ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

LE CURIEUX IMPERTINENT, ACTE I, SCENE VII

num.

Comment?

LBAHD1B.

Conuois mon mal, i] u'estprastcmpsde feindre. Mais ue me butine point ; et que ton amitié, Loin de me condamner, me regarde en pitié. J'ai besoin de tes soin» et de ta complaisance : J'ai de mortel* chagrins.

DAMÛEf.

Mai» , pendant mon absence, Tes lettres aaroient du m'en marquer le sajet. Sur quoi sont-ili fondés? Je brûle d'être M fait.

LÉANDBB.

Je suis jaloux.

DAXON.

Mou!

ûahbbb.

Oui, jaktux comme un diabk.

DAKON.

De qui?

LBAKDftK. .

Du monde entier.

DAMOrl.

Le trait est admirable I ■ ■ ' LÉÀNDUB.

Je suis sûr d'être aimé, mais je tremble qu'un jour... Souvent le mariage est la fin de 4 'amour ; Les femmes, tu lésais, sontfoibles, inconstantes: On en voit tous tes jours cent preuves éclatantes. J'en suis frappé, je crains... Je mourrais dcdoulcur, Si je tombois , âmj , dans un pareil malheur ; Car enfin , méprisant la commune méthode , Je veux aimer ma femme , et l'aimer à ma mode ; J'en veux en même temps être amant et mari, Hais aussi j'en veux être également chéri. Pour sa tisfaire donc à ma délicatesse , Je prétendsde Julie éprouver la tendresse ; Avant de l'épouser, je veux être certain Que tout autre que moi t'adoreroit en vain ; Que les plus grands efforts d'une ardente poursuite , ' Que le brillant éclat du plus parfait mérite, Qu'en un mot, il n'est rien qui la puisse engager, Malgré le goût du siècle , au plaisir de changer. Assuré de sort cœur, dès demain je l'épouse : Incertain , je me livrer mon humeur jalouse ; Point d'hymen. Aide-moi dans l'exécution D'un projet d'où dépend ou satisfaction , Mon repos, mon honneur.

DAKOH.

Ah ! que viens-je d'entendre 1 Que dis-tu? que veux-tu? que faut-il entreprendre?

LÉANDBB.

JJ me faut un rival; et, pour un tel emploi, Ne m'est-ii pan permis «le te choisir, dta-rnoi?

Sur tont autre que toi, sans être téméraire, Puis-je me reposer du soin de cette affairer En mérite, en vertn, tu n'as guère d'égal; - Et, quand ma jalousie en toi prend nn rival , Je présente à Julie un moyen infa MiMe De prouver que son corar pour moi seul est sensible. Si près d'elle tes soins ne trouvent point d'accès , Je craindrai peu qu'un autre ait un meilleur succès. Feins donc d'être charmé des attraits dé Julie.

j>amon. '' Moi, je BecondCTQix une telle folie!

Quitte, mon cher ami, ce bizarre dessein.

' LBAItnBB'.

Pour m'en faire changer tu parlerais en vain. Quoi qu'il puisse arriver, je veux me satisfaire. D'ailleurs , je suis très-sûr, si ta parviens à plaire. Que tu m'informeras d'un succès trop heureux, Qui me préservera d'un hymen dangereux : Au lien qu'un autre ami proflteroit peut-être Des dispositions qu'il pourrait faire naître , , ' Et me les cacherait , pour eu goûter l'effet , Quand je serais l'éponx d'un infidèle objet. Te voilà bien instruit de ma délicatesse. Je sens qu'elle est outrée , et la combats sans cesse ; Mais elle est au-dessus de tout raisonnement : Contre elle l'amitié combattrait vainement , Ma «rrroeite saura toujours ia vaincre.

Voici l'occasion ou tu êois me convaincre ■ Que ce que je désire est ta suprême kri, Et que ton cœur est prêt à! tout faire pour moi.

'DAHOIf.

Je pur», pour te servir, sacrifier ma vie, ■util non pas contenter ta ridicule envie. '

LÉ ANDRE j

Ridicule!

UAKOlfi

Dut, mon cher, je dois trancher le mot.

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