‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 600 sur 1244 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JULIE, LEAHDRE, NÉRIHE, LOUVE.

JULIE

Je viens me plaindre à vous de vous-même, Léandre : A votre procédé je ne puis rien comprendre, [ment, Vous marquez , pour me voir, si peu d'empressé- Que , sans vous faire tort , je pourrois aisément , Voyant que notre hymen chaque jour se diffère. Soupçonner que peut-être une autre a su vous plaire; Hais mon coeur, qui ne peut que penser bien de vous. N'est point fait pour avoir ces sentiments jaloux.

LÉANDHK.

Penser ainsi d'un coeur qui tendrement vous aime, C'est lui rendre justice, et la rendre à soi-même. Hé! quel s jaloux soupçons pourraient vous alarmer? Qui vous aime une fois doit toujours vous aimer. Mais, madame, inquiet de la santé d'un père, Par qui démon bonheur le moment se diffère; Toujours triste, rêveur, à moi-même ennuyeux, J'af voulu quelque temps me soustraire à vos yeux. Vous cacher ma douleur, est-ce doncfaireun crime, Madame, et votreplainte est-elle légitime?

JULIE

Quelque juste raison qui vous puisse affliger, Vos chagrins avec moi doivent se partager. Loin de suivre un devoir où l'amour vous engage, On dit que vous allez faire à Tours un voyage.

Non. Monsieur votre père a paru souhaiter Que je restasse' ici. J'ai promis de rester.

LOLIVB.

La nature a cédé, madame, à ta tendresse; Vos droits vont les premiers, tout leur cède....

iTBim.

Encore est-ce L'effort est grand.

JULIE

Enfin , vous ne partirez point , Léandre; me voilà tranquille sur ce point : Mais je vous avoûrai que je ne saurais l'être Sur l'indiscret aveu qu'un ami lâche et traître....

LÉAKDBE.

Madame....

JULIE

C'est up. trait si perfide, si noir.. .

LOLIVB, k Léandre.

On a parlé.

LRANDHS, à Lollw.

Tant mieux.

J'ai peine à concevoir...

JULIE

Ah ! Léandre , il n'est plus d'ami sûr, véritable, Et ce titre, à tout autre autrefois préférable, Ne sert plus qu'à cacher, sons un nom respecté, Des motifs d'intérêt ou bien de vanité. J'ai peine, en le disant, à le croire moi-même.

C'est un perfide, il m'aime.

LÉANDRE

Qui vous l'a dit ?

JULIE

Lui-même.

LÉANDRE

Ah, madame!

NÉBIHE.

Et Crispin, A l'exemple du maître, est un fieffé coquin, Qui, si je l'eusse cru....

LOLITE, 1 Léiodra.

Vous voyez que les droïet Se sont peu fait prier pour commencer leurs rôles.

LÉANDRB.

Madame , à ce discours j'ai peine à donner foi ; Daman a trop d'égards, trop d'amitié pour moi.

LOLIVE.

Ce qu'on nous dit ici, monsieur, ne saurait être : Le valet est pour moi ce qu'est pour vous le maftK-

JULIB.

Je ne veux plus le voir, et je veux qu'anj ourdi) ni, Léandre, vous rompiez tout commerce avec lui-

Ce que vous demandez m'embarrasse et m'étonne. Quel prétexte à cela voulez-vous que je donne ? C'est de son amitié, non de sa passion. Que Damon vous a fait la déclaration; Quand même il bajlleroit d'an fimonr véritable ,

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