L'IRRESOLU, ACTE III, SCENE III
En effet , mes appas ont jusque* à ce jour Inspiré du respect autant que de l'amour: . Mais1 je vais réchauffer le beau feu qui te guide , Et deux ne mes regards le rendront moins timide. Bonjour, mon cher Dorante.
DOUANTE.
- Ah! madame.... bonjour.
fhontin:
Oui , bonjour : beau début pour lui parler d'amour !
itmI &BG.ANTB.
Je vous trouve à propos, et j'en suis si ravie....
Avouez franchement que vous avez envie
De m 'ouvrir votre cœur. N 'est -it pas vrai, mon cher?
FBOMT1N.
C'est pour ce sujet-là qu'il alloit vous chercher, Madame : vos vertus , votre argent et vos charmes , Font qu'il est obligé de vous rendre les armes , Et que, lorsqu'il vous voit, il sent des mouvements... Allons , monsieur, allons, dites vos sentiments.
M** abgante. [tes?
Quoi donc ! en nous voyant, nos bouches sont muet- Voulez-vous que nos yeux soient nos seuls interprè- Sortons de l'embarras où nous jettent nos feux : {tes ? Pourquoi nous en tenir aux regards amoureux?
■ (i Mriae.)
Parlez, mon cher enfant.Vois-tu comme il soupire?
DOSANTE.
(bu i FrontiD. )
Madame, vos bontés... Je ne sais que lui dire.
FBONTlIf.
Faites-vous un effort au mains dans ce moment. [à madame Argute. >
Mon maître, à ce qu'il dit, vous aime éperdument.
M*" ABGANTE.
Éperdument, Nerim;! Ah! quel comble de gloire!
nbbine. - Ha foi , je n'en crois rien.
U** ARMANTE.
Pourquoi ne ICf as croire.
Insolente?
PBONT1H.
Oui. Madame est-elle hors d'état De*capt)ver le cceurATun homme délicat?
Apprenez que mon maître est, en fait de tendresse. Plein de raffinement et de délicatesse , F.t trouve des appas, quand il a bien rêvé, Où les autres, morbleu , n'en ont jamais trouvé.
Pi É BINE.
En ce cas je me rends; et n'ai plus rien à dire ; Suivez les mouvements que lecteur vous inspire; Si Madame a pour vous de si charmants appas , Vous pouvez l'adorer, je ne l'empêche- pas. Madame se croit belle , elle se rend justice ;
D'ailleurs , on voit souventdes amours de caprice.
K~ ABOABTE.
Des amours de caprice ? Est-ce que pour m' aimer Il faut...
NÉBINE.'
Non. Je sais bien que vous savez charmer.
Ji™ ABGANTE.
Des amours de caprice! Écoutez, impudente, Si vous vous avisez-. Oh! ça,- mon cher Dorante, Que dirons-nous?
Eh ! mais... tout ce qu'il vous. plaira.
.. W ABGANTE.
Qu'il est teiidre et galant l Jamais on n'aimera Comme nous nous aimons, n'est-il pas vrai?
Mrac ABGANTE.
J'aime son embarras : il exprime sa flamme , Mieux que tous les discours...
DOUANTE.
Oui, madame, il suffit...
M™ ARGANTE
Que sa réponse est pleine et d'amour et d'esprit! Vous savez bien pour vous tout ce .queje veux faire?
DOBANTE.
Ah! ce n'est fraint par là queje vous considère.
FfiONTIN.
Non. U admire en vous une mûre beauté ,
Un charmant embonpoint rempli de majesté^ ,,
Car il De peut souffrir les. tailles délicates.
Mm* ABGANTE, à Froalln. *
Tu ne croirois jamais à quel point tu méfiâtes.
Çà , faites-moi l'aveu de tous vi Secondez mes soupirs par des transports charmants : Dites que ma beauté vous charme et vous enflamme i Dites que mon portrait est gravé dans votre àme; Et que si notre hymen ne se fait dans ce jour, Vous allez expirer de tristesse et d'amour.
UQ HANTE.
(bat Prantin. ) J'allois vous proposer... Ah ! Front in , qu'elle est m" abgante. [folle!
Que dit-il?
raONTIN.
Que l'amour lui coupe la parole.
H"* ABGANTE.
C'est l'ordinaire effet des grandes passions. Mais vos tendres regards ont des expressions-. . . De grâce , finissez un si. charmant langage , Je n'y puis plus tenir. A quand Je mariage?-'.
DQBABTB.
I& !maisl.. .quand vous voudrez ;dèsdeinain; que
nbbixb. [sait-on?-
Quoi , monsieur, vous voulez i 'épouser tout de bon?
PBONTIK.
C'est mù dessein, Nérïne, et l'affaire est conclue.
NBBINE.
Puisque votre union est si bien résolue., Souffrez que la première, en ce même moment, Je vous fesse à tous deu* mon humble compliment.
( ï Binclîmfi ArgaoK.}
Je m' et* vais informer Celimène et Julie ,
Qu'à monsieur, dès ce jour, un doux hymen vous lie.
Puissiez- vous vivre ensemble aussi tranquillement • Qu'on le doit espérer d'un tel assortiment! Puissiez -vous à Dorante inspirer la tendresse! Puisse Dorante en vous trouver de la jeunesse ! Et, pour rendre le trait encor plus singulier. Puissiez- vous à Monsieur donner Un héritier!
(Bile l'en vit en riant) PKODTDI.
La friponne !