‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 694 sur 1244 · LA BARON SB · texte numérisé non relu

LA BARON SB

Et moi , je veux qu'ici tout se tasse à mon gré.

LE BARON

Le pouvoir d'un mari doit être révéré.

LA BARONNE

Le pouvoir d'une femme est plus considérable, Lorsque la femme , en tout , est la plus raisonnable.

LE BABON.

Et le prouvez-vous bien , en voulant que Damon Épouse notre fille?

LA BARONNE

Oui , monsieur. Pourquoi non?

LE BARON

Outre qu'il a besoin d'une riche alliance , Le croyez-vous, au fond , digne de sa naissance? Jamais homme ne fut pins dangereux que lui ; Il donne un mauvais tour aux actions d'autrui ;

Tout le monde est eu butte à ses traits satiriques , Et l'on craint eu tous lieux ses malignes critiques. Ses amis , s'il en a , n'en peuvent être exempts ; D'autant plus dangereux dans ses traits médisants , Qu'il cache son venin et sa langue traîtresse Sous les dehors trompeurs d'une humble politesse. Fi ! vouloir que ma fille accepte un tel époux , C'est prétendre introduire une peste chez nous.

LA BARONNE

Eh 1 vous le haïssez faute de le connoitre ;

Hais pour moi , qui sais mieux tout ce qu'il en peut

Je soutiens... [être,

LB BARON

Eh! morbleu , je le connoia trop bien; Depuis qu'il est chez nous, je n'y connois plus rien. Contre moi ses discours vous aigrissent sans cesse. Nos enfantsn'ont pour nous ni respect ni tendresse; Moi-même , il me prévient si souvent contre vous , Que jene puis vous voir sans me mettreen courroux, El qu'à (oui le* icslants nous dock brouillons ensemble : Des traits aussi marqués auroient dû, ce me semble, Vous le faire haïr autant que je le hais, Et remettre entre nous l'union et la paix; Mais de votre amitié c'est en vain qu'il abuse , Il a toujours raison , et c'est moi qu'on accuse.

LA BARONNE

Donnez à mes desseins un plein consentement , Et vous verrez bientôt qu'il n'est point..;

LE BARON

Non , vraiment.

Je ne le donnerai sur aucun mariage, Que lorsque de ma fille il aura le suffrage; Il fout la consulter.

La consulter? Pourquoi , Monsieur? Prit-on le soin de me consulter, moi, Lorsqu'il fut question de nous unir ensemble? Je veux que sur cela ma fille me ressemble ; Je ne vous aimois point , cependant j'obéis ; Et ma fille prendra celui que je choisis.

LE BARON

Oui ! puisque vous parlez avec cette insolence , Je vais avec rigueur user de ma puissance. Et , pour en revenir à mon premier dessein , Marianne au couvent entrera dès demain.

LA BARONNE

Au couvent? Nous verrons.

LE BARON

Taisez-vous.

LA BARONNE

Moi , me taire!

J'aime roi s mieux mourir.

Vous ne pourriez mieux faire.

Quoi! vous avez le front de me traiter ainsi !

LB BARON

Par la mort!...

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