‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 720 sur 1244 · ISABELLE , LE BARON, VALÈRE, LISETTE, JAVOTTE · texte numérisé non relu

ISABELLE , LE BARON, VALÈRE, LISETTE, JAVOTTE

ISABELLE , « JttOtlo.

Pour me persuader tes soins sont superflus. iatottb.

Tu ne me retiens plus.

LE BABOB, umtm »o(r.

S'entêter de la sorte !

Écoutez donc , madame.

IBABBIXE.

Tout se résout céans par l'ordre d'une femme , Et son peu de raison me fait voir aisément Que mon frère s'attache ici très- vainement.

< *u Baron.) Vous me voyez , monsieur, teut-à-fait rebutée ; Ma proposition vient d'être rejetée.

Madame la Baronne à votre' volonté Oppose un autre hymen par elle projeté ; Mon frère lui déplaît , il serait inutile....

LE BABOH.

Non , jamais on n'a vu femme plus indocile ; Mais c'est de mes bontés trop long-temps abuser ; Je comtois mon pouvoir, et je voix en oser. Monsieur de Richesource épousera ma fille. Pour vous, si vous voulez entrer dans ma famille, Je vous offre mon fils ; qui sera trop heureux....

ISABELLE

Tantdebontés,monsiear,nousbonorenttousdeui; ■• Daignez les conserver en faveur de mon frère : Mais pour moi, je n'ai point de réponse à vous faire ; Si ce n'est que mon cœur, libre jusqu'à présent, Ne se sent pour l'hymen encore aucun penchant.

LISETTE, i Valère.'

C'est elle , approchons-nous.

VALÈRE

La chose est superflue.

le baron:, » tabdle.

Peut-être que mon fils....

Non, je suis résolue A na point m'engager sans inclination.

LISETTE, » Valèr».

Mais voyez-la, du moins. Quelle obstination!

LE BABON.

Valère, ici.

ISABELLE , apercevant Vdère.

Javotte.

• JAVOTTB.

. Eh bien?

ISABELLB.

Quelle aventuré!

VALEBB , rflconrwlwint iMuelle.

Quevois-je? '

LISETTE

Ils font tous deux une étrange figure!

Comment ! se regarder sans se dire un seul mot ! (AVattre.) ,:

Saluez donc Madame.

LE BARON

Ah ! mon fils n'est qu'un sot.

ISABELLE, Ma Baron.

Monsieur est votre filsP

VALEBB, S LlKtt*. .

Madame est Isabelle?

LE baron, s l«beue.

Vraiment oui, c'est lui-même.

LISETTE, 1 Valère.

Eh! oui , monsieur, c'est elle.

ISABELLE, a laiotle.

Je ne puis revenir de mon étonnement. .

VALERE

Je ne sais où j'en suis.

LISETTE

Oh ça, sans compliment,' L'extase où je vous vois , qu'est-ce qu'il signifie? Est-ce inclination , ou bien antipathie?

VALÈBE.

Mon cœur est maintenant d'accord avec mes yeux; Et je serais, madame, au comble de mes vœux, Si l'hymen..,.

LISETTE

Halte-là ; votre réponse est claire.

Allons, madame, à vous.

ISABELLE

Je dépends de mon frère; C'est à lui , non à moi , d'ordonner de mon sort.

Ah ! voilà qui va bien. Il faut faire un effort. C'est à vous maintenant à vous rendre le maître. Ces deux personnes-ci vous font assez connoltre . Qu'elles ont dans le cœur des dispositions A se rendre bientôt à vos intentions.

LEBABOtf, i ïubclle.'

M'y voilà résolu, si vous voulez souscrire....

ISABELLE

Je vous ai dit, monsieur, cequejepouvois dire: Je n'ai plus que mon frère, il dispose de moi.

LISETTE, I Valèrel

L'affaire est faite , allons , donnez-lui votre foi.

' ISABELLE

Remettons ce discours ; je suis trop interdite. Adieu.

JAVOTTE . S LUelte.

Jusqu'au revoir- ' ,

LISETTE

Comme elle prend la mite !

VALÊBB.

Je vous suivrai , du moins.

ISABELLE

Non : je vous le défends; Et je veux être à moi pendant quelques moments.

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