SCÈNE X
MARIANNE, LÉANDRE, LISETTE
Dois-jc chercher, .madame, ou fuir votre présence P Puis-je me présenter, après six mois d'absence î M'avez-vous oublié ? Me reconnoissez-vous ? M'est-il permis encor d'embrasser vos genoux?
MARIANNE
Dans quel étonnement cet incident me plonge ! Je doute si je veille.
LISETTE
Ai-jè fait un bon songe ?
Lisette, soutiens-moi.
LISETTE. -
D'où vient cette vapeur ?
Est-ce que le cousin vous fait si grande peur ?
LÉANDRE
Ouvrez les yeux , madame, ou votre amant expire.
MABIAUNE.
Ah ! Léandre , est-ce vous ?
LÉANDRE
Je n'ose vous le dire.
KABIANKE. .
C'est Léandre : mes yeux le retrouvent en vous , Et mon coeur me le dit par des transports si doux...
0 Ciel'! en ma faveur vous parle-t-il encore ?
MABIAITNB.
Je voua aime toujours.
LÉANDRE
Et moi , je vous adore.
Mais , puis-je me flatter d'être cher a vos yeux , Lorsque vous écoutez un rival odieux ?
KABIANNE.
Mais vous , qu'un père avoit destiné pour une autre , En doutant de mon cœut, me gardez-vous le vôtre ? Ètes-vous libre encor ?
LÉANDBB.
Taurois péri cent fois, Plutôt que d'obéir à de si dures lois : Oui , je suis tout à voua.
uâbiankR.
Et moi , je vous> déclare
Que je mourrai cent fois plutôt qu|on nous sépare: Je vous vois, vous m'aimez; je vous donne nu foi Que mil autre que vous ne m'obtiendra de moi.
LÉANDEE.
Des maux que j'ai soufferts- trop douce récompense! Vous me rendez le jour, me rendant l'espérance.
LISETTE
Comment, donc ! ce cousin est Léandre en effet?
MARIANNE
Tu le savois , Lisette.
LISETTE
Oui, vous êtes au fait.
Mon songe , que tantôt vans aviez peine à croire , Est une vérité; voilà toute l'histoire.
Par ce détour adroit , j'ai trouvé le moyen De sonder vôtre cceur en vous ouvrant le sien. Vous vousaimez toujours, la chose est très-certaine; Songeons à vous unir par une étroite chatne ; Mais pour venir à bout d'an si juste dessein , Le mal est qu'il faut faire encor lien du chemin.