LA COMTESSE, VALÈRE, PASQUIN
LA COUT ESSE
Eh bien! monsieur, vous avez donc résolu de me désespérer?
VALÈBB.
Moi , madame ! je n'ai nulle intention de vous faire de la peine.
Il ne songe seulement pas que vous soyez au monde.
LA COMTESSE
Je ne le sais que trop. Qu'est-ce donc que cette partie de chasse que vous venez de faire ?
VALBBB.
Madame , avec votre permission, je n'ai point de compte à vous rendre.
Tu n'as point de compte à me rendre , petit scélérat! Je te ferai bien parler. Il faut que tu me dises tout à l'heure où tu as été pendant huit jours. Oseras-tu me soutenir que c'est au château de Clitandre? Je t'y attendois , infidèle ! et je me flattais que l'Amour t'y ferait voler.
Madame, il avoitprié l'Amour de l'y conduire; mais par malheur ils ont manqué le chemin , et ils se sont égarés tous deux.
LA COMTESSE
Eh! deviez-vous le suivre , ingrat! puisqu'il vous
conduise il en des lieux oùjen'étois pan?
Il ne sa voit pas les chemins, madame, ni moi non plus. L'Amoar est aveugle, à ce que j'entends dire; quand on le prend pour guide , on est sujet à
s'égarer.
Tout ce galimatias est inutile : je veux qu'il réponde lui-même a mes questions.
i VAI.ÈHE.
I II vous sied bien , madame , de me faire des rt- 1 proches , après avoir fait tout ce qu'il falloit pou
me brouiller avec mon père ! Si mon absence tous ; avoit causé de l'inquiétude, il falloit vous expliquer
avec moi. Je vous aurois éclaircie de tout; mais
après le tour que vous venez de me faire, je vout
déclare que vous ne saurez rien.
LA COMTESSE
Je ne saurai rien! Tu t'expliqueras , ou je t'étranglerai.
Laissez-le là, madame : c'est un petit opiniâtre qui ne parlera point , je vous en réponds. Je vu vous dire naïvement ses pensées, moi.
LA COMTESSE
Eh bien ! parle , et je te récompenserai de U sincérité.
Vous avez beaucoup de tendresse pour lui.
LA COMTESSE
Cela ne peut'pas s'imaginer. J'en perds l'esprit. mon pauvre Pasquin.
Cela est visible. Vous voudriez qu'il y répondit par une tendresse égale à la vôtre.
t*l A LA COMTESSE.
Wai-je pas lieu d'y prétendre ?
Il y a du pour et du contre dans cette affaire-la. Il connolt vos sentiments pour lui : il en est pénétré de reconnoissance. Avec cela , madame, je gage cent louis contre vous qu'il ne pourra jamais vois aimer.
LA COMTESSE
Il ne pourra jamais m'aimer, monsieur le coquin ! Jene sais qui me tient que je ne t'arrache les yeux.
PABQUIS.
Doucement, s'il vous plaît. Ce n'est pas moi oni suis insensible à vos charmes ; au contraire, je le trouve tout-a-fait piquants , quoiqu'ils ne soient pas de la dernière édition.
LA COMTESSE
Il ne pourra jamais m'aimer! Me dit-il vrai , ps- Ode?
TALEES.
Madame.. ..en vérité.. ..je suis dans la coofusHXii
et si mon cœur étoit Pasquin, explique tout cela
à madame la Comtesse.
LA COMTESSE
Il ne pourra jamais m'aimer !