‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 792 sur 1244 · VALK1S · texte numérisé non relu

VALK1S

PASQUIIf.

Vous-même. Voulez-vous, pour' vous en convaincre , que je vous fasse le récit de la conversation ? Je m'en souviens mot pour mot.

Voyons ; je suis bien aise de juger de sang-froid si j'ai tort.

Voici ce qu'il vous a dit , quand vous êtes entré dans sa chambra de la manière que je vais vous dépeindre.

(Il Uit rtett.au d'un chambre œ étourdi ; eunilte il prend l'iir f^rieui àt père.)

Bonjour, monsieur, bonjour. — Monsieur, je suis votre serviteur. — Où avez-vous passé la nuit , pendard que vous êtes ?— Parbleu 1 j'ai soupe au cabaret avec mes amis , et de là nous avons couru le bal. — Vous en avez menti. Je sais à quel bal vous avez été , et si vous ne changez bientôt de conduite , je vous enverrai danser à Saint-Lazare.— Je crois, Dieu me damne! que vous ne pourriez pas vivre , si tous les jours vous ne me faisiez quelque mercuriale. — Et croyez-vous , monsieur le sot , que je sois fort content de vous voir au milieu de cette pépinière de fous que l'on appelle petits-maîtres, espèce d'hommes aussi ridicules qu'incorrigibles ; que je n'entre pas en fureur depuis que vous arborez ce grand chapeau qui vous couvre un œil, et qui ne laisse voir que la moitié de l'autre; depuis que vous vous débraillez jusqu'à la ceinture; que vous vous faites une gloire de vous enivrer de vin, de liqueurs et de tabac, et que vous affectez cet air fanfaron qui impose au bourgeois et fait rire l'honnête homme t — Tous les jeunes gens sont faits comme cela, mon père; il faut suivre la mode. — Parbleu 1 je vous la ferai bien quitter. — Nous verrons. — Comment , nous verrons ! Oh ! voici qui vous corrigera. ;n prend m

Que vas-tu faire?

Vous rosser.

VALÈHB.

Quoi! coquin, tu aurois la hardiesse?...

P1SQOTK.

Ma foi , je vous demande pardon ; j'entrais si vivement dans, ta passion, que je croyois être monsieur votre père. Vous savez bien que , si vous n'eussiez décampé , la conversation auroit fini de la sorte. Après tout , il est temps de vous réformer. Il y a plus de trois mois que votre future belle-mère est arrivée de province, avec la jeune personne que vous êtes sur le point d'épouser. Votre père les loge ici l'une et l'autre. Elles sont témoins de la plupart de vos actions , qui ne doivent pas les édifier. Comptez-vous de vivre cannai vous faites , quand vous aurez une femme ?

Le fat ! Est-ce qu'on se marie pour se corriger de ses défauts? Je voudrois bien, parbleu! qu'une femme s'avisât de me contraindre! Regarde les jeunes gens d'aujourd'hui ; ils sont assidus et complaisants le jour dé leurs noces ; dès le lendemain ils vont chercher fortune ailleurs.

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