SCÈNE H
NÊRINE, PASQUIN.
Ah! vous voilà donc, madame la coquine? fetesvous bien lasse de me fuir?
HÉRIMB.
Es-tu bien las de me chercher, toi?
As-tu la hardiesse de me regarder en face, après m'avoir fait une offense qui détruit les liens de l'union conjugale ?
HÉaiNE.
Les beaux liens ! Le grand malheur quand ils serment détruits !
PASQUIN. j
Sais-tu bien que je suis ton mari?
néhine.
Oui vraiment , je le sais ; c'est ce qui me désole.
Mais, sais-tu ce que c'est qu'un mari?
nehink.
Oh que oui 1 Un mari, quand il te ressemble , est un personnage jaloux et bourru; c'est un espion perpétuel ; c'est l'ennemi de la paix et de la tranquillité; c'est le centre de la bizarrerie; c'est un tyran qui se fait craindre, et qui ne se fait point aimer; c'est un esprit de travers, qui donne un mauvais tour aux actions les plus innocentes; c'est une taupe pour ses défauts , et un Argus pour, ceux de sa femme ; c'est un homme qui renonce à la complaisance et aux petits soins, qui ne cherche que soi dans ses plaisirs , qui veut être libre , et qui vent rendre esclave; c'est un animal qui caresse par caprice , et qui mord par habitude; et pour achever son portrait en deux mots , un mari de. ta trempe est justement ce qu'on appelle le chien du jardinier.
Quel Qui de langue 1 J'aurai beau voir , beau toucher au doigt, je n'aurai jamais raison avec cette coquine-là. Je n'ai qu'un mot à vous dire pour vous confondre, madame la friponne. Quand j'aurais tous les tons du monde à votre égard , »'; pas fait pis que moi cent fois, en 1 à un autre de mon vivant?
] NBRINK.
Voyez le grand crime t Ce n'est qu'une petite ! précaution que j'ai prise, et qui ne te fait point de tort.
PASQGtff,
Point de tort 1 n'est-ce pas m" enterrer tout vif?