‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 841 sur 1244 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

NÊRINE, PASQUIN.

Ah! vous voilà donc, madame la coquine? fetesvous bien lasse de me fuir?

HÉRIMB.

Es-tu bien las de me chercher, toi?

As-tu la hardiesse de me regarder en face, après m'avoir fait une offense qui détruit les liens de l'union conjugale ?

HÉaiNE.

Les beaux liens ! Le grand malheur quand ils serment détruits !

PASQUIN. j

Sais-tu bien que je suis ton mari?

néhine.

Oui vraiment , je le sais ; c'est ce qui me désole.

Mais, sais-tu ce que c'est qu'un mari?

nehink.

Oh que oui 1 Un mari, quand il te ressemble , est un personnage jaloux et bourru; c'est un espion perpétuel ; c'est l'ennemi de la paix et de la tranquillité; c'est le centre de la bizarrerie; c'est un tyran qui se fait craindre, et qui ne se fait point aimer; c'est un esprit de travers, qui donne un mauvais tour aux actions les plus innocentes; c'est une taupe pour ses défauts , et un Argus pour, ceux de sa femme ; c'est un homme qui renonce à la complaisance et aux petits soins, qui ne cherche que soi dans ses plaisirs , qui veut être libre , et qui vent rendre esclave; c'est un animal qui caresse par caprice , et qui mord par habitude; et pour achever son portrait en deux mots , un mari de. ta trempe est justement ce qu'on appelle le chien du jardinier.

Quel Qui de langue 1 J'aurai beau voir , beau toucher au doigt, je n'aurai jamais raison avec cette coquine-là. Je n'ai qu'un mot à vous dire pour vous confondre, madame la friponne. Quand j'aurais tous les tons du monde à votre égard , »'; pas fait pis que moi cent fois, en 1 à un autre de mon vivant?

] NBRINK.

Voyez le grand crime t Ce n'est qu'une petite ! précaution que j'ai prise, et qui ne te fait point de tort.

PASQGtff,

Point de tort 1 n'est-ce pas m" enterrer tout vif?

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