‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 849 sur 1244 · SCENE YL · texte numérisé non relu

SCENE YL

LYCANDRE, LISIMON, LÉANDRE , VAJLÈRE, PASQUra,£BJSPIK.. ;

LTCakdbe, l Lfatrooc.

Rien n'est plus étonnant que l'histoire que rons

venez 'de mie raconter ; et le troisième mariage de

ma belle-soeur est un chef-d'œuvre d'extravagance.

Voua voyez qu'elle a vécu folle, et qu'elle est morte de même. Ce qui m'étonne , c'est que Julie, qui est fort sage, soit sortie d'une mère qui l'était si peu.

LTCAKMUt.

llysturoit bien des choses à dire sur ce sujet; et quand nous serons en particulier , vons et moi , je vous révélerai certaines aventurée secrètes, par lesquelles vous vous convaincrez qu'il n'est pas

étonnant que Julie tienne si peu de ma belle-sœur.

Je meurs d'envie de les apprendre; contentez ma curiosité.

LYCANDBE.

Voi|a trop ne personnes qui nous écoutent; l'histoire est longue, singulière, et demande encore do secret..

LISIMON , à son Bla.

Décampez . (a Léandrè.) Monsieur, tous savez vivre, et ce que tous venez d'entendre exige que vous nous laissiez.

LBANDHE. .

Ceïasuffit.

LYCANDBB, l.Liaimon.

Quand nous serions seols , je n'ai pas le temps de vous faire un si long récit : des raisons très-pressantes m'obligent à sortir dans le moment; ainsi, messieurs, vous pouvez rester. Hais dites-moi, je vous prie, Lisiraon, avez-vous connu le duc de Sorriento?

lisimon.

Ce grand seigneur sicilien dont vous étiez l'écuyér lorsque tous nous quittâtes pour aller aux Indes?

LYCANDBB.

Lui-même.

LISIMON.

Je me souviens de l'avoir vu plusieurs fois.

LYCANDBB.

Sarez-vous si ce seigneur est encore virant?

Il est mort depuis quelques années.

. LYCABDBB.

Etsohffls? * .

LISIMON.'

Il fut tué à la dernière campagne de Flandre.

Il faut que je vous embrasse pour ces bonnes nouvelles. La mort m'a défait de deux hommes qui m'étoient bien redoutables^

- LISIMON.

Pourquoi donc cela 7

LYCAIfDBB.

Vous le saurez quand je vous aurai conté mon

histoire.

LISIMON.

Enfin, de toute cette famille, il ne reste qu'une fille du duc, qui est veuve, et qui n'a point d'enfants.

LYCÀHD1B.

Surcroît de bonheur pour moi ! Il faut uue j'aille trouver cette dame, sans perdre-un moment.

VALRBB.

Avant que de sortir, monsieur, il faut décider au sujet de Julie.

LÉANpnB.

Oui , monsieur, réglez notre sort , je tous en conjure.

' lycàndRe.

Cela sera bientôt fait : tous ne l'aurez ni l'un ni l'autre.

valses.

Ah ! monsieur , que dites-vous ?

LE À 11 DBS.

Il n'est pas possible que vous me refusiez...

LYf.ANDHS.

Tous vos discours ne serviront de rien. Vous ne me convenez plus, Valère, et je n'ai garde de donner ma nièce à un homme qui a d'autres engagements. Pour vous, monsieur, je ne sais qui vous êtes , et on ne donne point à un inconnu une fille comme Julie. Je viens de me souvenir qu'Oroote, dont nous avons parié , Lisimon , avoit un fils fort jeune , lorsque je partis pour les Indes. Comme cet Orooteest le plus ancien dé mes amis, et l'homme du monde à qui j'ai le plus d'obligation, je veut relever sa maison qui est fort en désordre , en don* nant Julie à son fils, s'il est honnête homme.

LBANDBE.

Souffrez que j'embrasse vos genoux, et que je vous rende grâces pour mon père et pour moi.

LYCANDBEV

Comment donc!

LISIMON.

Que veut dire ceci ?

VALBBS.

Je tremble.

LEÀNDBH.

Vous voyez en moi le fils d'Oronte, pour qui vous avez de si bonnes intentions.

Vous êtes Ois d'Oronte? .

LBANDBB. "

C'est ce qu'il me sera facile de prouver. Mon père est ici. Je vais l'avertir de votre retour, et le prier de venir me présenter à vous.

VALBBS.

Le maudit incident I

LTCANDM.

Certes, vous ne pouviez me surprendre plus agréablement. Julie a de l'inclination pour vous ; vous êtes fils d'un homme que j'aime tendrement. Dés aujourd'hui nous conclurons le mariage.

LISIMOft.

Vous voyez présentement, monsieur mon fils, que vous n'avez plus qu'à plier bagage. Croyez-moi, prenez le parti de vous raccommoder avec Angélique.

YAIJCW*

J'enrage.

L'OBSTACLE IMPKÉVU, ACTE IVr SCENE IX.

LYCAJVDEB.

Adieu. Je vais trouver la veuve dont nous venons de parler; il fautquej'aie une explication avec elle, avant que de marier Julie. Vous viendrez me trouver chez votre notaire. Je vous y attendrai. En sortant , je vais annoncer à Julie que je consent qu'elle épouse Monsieur.

LiaiMON.

Je vous suis, pour vous demander quelques éclaircissements sur ce que vous m'avez dit.

Page 1