‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 853 sur 1244 · JOL1B · texte numérisé non relu

JOL1B

Sans doute : e'est dans cette ville qu'elle a perdu son second mari.

caisEin.

Parbleu! nous devrions l'avoir connue. Apparemment qu'elle ne demeuroit pas dans le voisinage de madame la baronne de Saint-Aubin.

jolie..

"Comment! delà baronne de Saint-Aubin?

CUBMN.

Oh I dfabte , c'étoit une bonnefemme, celle-là. Dieu veuille avoir son âme! mais je lui aibien.es-

cainotédes pistoles.

BÉBWK.

A 1b baronne de Saint-Aubin?

caispin.

A elle-même. Demandez à Monsieur, il était de moitié avec moi .

LÉANDRB.

Tais-toi , Crispin.

CfiISPIN.

Il falloit voir avec quelle ardeur nous plumions la vieille.

NÉaiBi; Entendons-nous donc. Est-ce que tu «mnoissois cette baronne-là?

CRISP1N

La question est plaisante ! Oh! vraiment oui, je la connoissois ; et mon maître aussi : c'étolt sa femme.

JCLIB et nrbjm" ,' entembie.

Sa femme?

LÉAHDHB.

Oui, ma femme. D'où vous vient donc cette surprise?

JULIE

La baronne de Saint-Aubin?

cbisptk.

Oui, la comtesse de la Filandière, veuve d'un vieux gentilhomme qui lui avoit laissé tout son bien en mourant, avoit épousé Monsieur, qui se faisait appeler le baron de Saint-Aubin ; c'est d'elle que mon maître est veuf, et c'est elle qui a fait notre fortune.

JtJLIK.

. Soutiens-moi, Nérine, je suis morte. lbasdbk.

Juste Ciel! '

JULIE

Ah I malheureux , qu'avez-vous fait?

tiAia>tt.

Comment!

Julie.

Vous avez épousé ma mère.

. LÉAMDRH.

Votre mère? '-

NÉBIHB.

Oui, la comtesse de la Filandière; c'étoit ellemême.

caispiN.

Ab! c'était le diable.

JULIE

Je sa vois depuis quelque temps que le jeune

homme qu'elle avoit épousé a Lyon en troisii noces s'appelait le baron de Saint- Aubin; mais, hélas ! je n'avols garde de m'imaginer que ce fût Léandre lui-même.

' LÉANDÏB-

Je ne sais où j'en suis. Surpris j confus, déscspéré.... Ciel! puis-je découvrir cet incident sans mourir de-douleur !

julir.

Quelle infortune !

LÉAIIDBE.

Quel funeste, revers !

JULIE

A-t-on jamais rien vu de pareil?

LBABIlKBi

Fut-il jamais un coup du sort plus bizarre et plus accablant ? .

BBR1NB.

Par ma foi, je tombe des nues! La maudite femme 1 Elle a juré de nous persécuter, même après sa mort.

LBAKDBI.

Ah! c'est le nom d* son second mari qui m'i trompé, et elle m'avoit caché -toutes ses aventures.

JULIB.

Quoi! me voilà séparée de vous, au moment où je ne poiivois plus douter d'étrè unie avec vous pour jamais!

LÉÀWDBR. -

Je ne saurais survivre à mon malheur; il saut que je me punisse de la faute que' j'ai faite. ' julie. le reteniat.

Ah! Léandre, quel est votre dessein?

LEAlfCBE.

' D'expirer à vos yeux.

chisp(n. Quand vous vous tuerez, H n'en sera ni plus ni moins.

NiBINB. .

Voilà un obstacle que je n'aurois jamais prévu.

LKÀNDBB.

Par quels détours la fortuite m'a conduit dans le précipice!

CB.ISPIIT.

Oui , la fortune , par sa malignité , mit voir dani cette occasion... qu'elle est femme. Un maudit caprice la gouverne, et la noirceur de son influence produit des événements bizarres ; qui , joints aux aspects d'une étoile infernale, vous font épouser de vieilles finîmes qui sont' mères de vos maîtresses , et vous conduisent par là dans un gouffre profond, qui... Par ma foi, je m'y perds.

U&ANUBB. nrreuntdsttrtrarit. -

Pour me venger d et 'obstacle qu'une indigne mère

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