‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 881 sur 1244 · ARI8TB · texte numérisé non relu

ARI8TB

La rage de parler est encor plus pressante. Mais ma femme , après tout , n'est pas la seule ici Qui m'expose à l'éclat , et me met en souci : Sa soeur, plus imprudente , et si capricieuse , Qu'un moment elle est -gaie, un moment sérieuse, Riant, pleurant, jasant, se taisant tour à tour, Enfin , changeant d'humeur mille fois en un jour ; Sa sœur, votre future, et qui, par parenthèse, Vous donnera tout lieu d'enrager à votre aise, Me met au désespoir par ses fréquents écarta , Et de pins, nous amène ici de toutes parts Un tas d'originaux, d'ennuyeuses commères, Qui me font avaler cent pilules amères. Lorsque, pour mon malheur, je vais imprudemment, Pour lui rendre visite, à son appartement. Dès que j'entre, on se tait. On se parle à l'oreille; On sourit Par degrés le caquet se réveille. Toutes parlent ensemble. Et ce que je comprends Par leurs discours confus, leurs gestes différents, C'est que ma belle-soeur, fine et dissimulée, A mis dans mon secret la discrète assemblée, Et que je dois compter que, dans fort peu de jours, J'aurai pour confidents la ville et les faubourgs.

TMMOn.

le suis au désespoir d'une telle imprudence : Et je vais , des ce pas , querellât d'importance Madame votre femme et votre belle-sœur. '

AJUSTE

Non : je croisqu'H vaut mieux leur parler en douceur. Mais avertissez bien ma prudente compagne

Qu'elle me forcera de fuir à la campagne, Et de m'y confiner pour n'en sortir jamais , Si le secret n'est pas mieux gardé désormais.

DAMON, arec on Mark biUd.

Soit. Mais vous, employez votre art, votre science , A vous mettre en état de prendre patience.

■ ARISTE, (or le même Ion.

Et vous , pour m' imiter, et par précaution , D'avance faites-en bonne provision :

Vous en aurez, ma foi, plus besoin que moi-même. Je connois Céliante, et je crains....

Moi, je l'aune.

Ses défauts n'aur oient rien qui me pût effrayer, S'il ne s'agissoit plus que de nous marier. Forcé de lui cacher mon nom et ma naissance , Je vois , sur mon sujet , que sa fierté balance , Excite son caprice , et lui fait croire enfin Qu'elle s'abaisseroit en me donnant la main ; Mais elle m'aime, au fond. Et si jamais mon frère Vient à bout d'assoupir la malheureuse affaire Que je n'ai sur les bras que par un point d'honneur, Je me ferai connoltre à votre belle-sœur.

ABISTK.

Le plus tôt vaut le mieux, croyez-moi.

BAKOEI.

Je vons quitte, Et vais gronder pour vous Céliante et Mélite.

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