‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 889 sur 1244 · ASIATE · texte numérisé non relu

ASIATE

D'avoir eu la foiWesse De vous croiM discrète, et femme de promesse : Car vous m'aviez .promis, tria-soIenneUeraant,

Avant que nous prissions aucun engagement , Que , tant que je voudrais qu'on on fit un mystère , Votre sœur en serait seule dépositaire.

" MILITE

Il est vrai.

ABISTE.

Toutefois , gréée à vos soins prudents , Nous avons aujourd'hui nombre de confidents.

Accusez-en ma sceur, dont la langue Indiscrète Ne peut tenir long-temps une affaire secrète. Jamais, sur ce sujet, je ne< vous ai trahi. Jcn'ai, jusqu'à présent, que trop bien obéi.

AJUSTE

Tous en repentez- vous ?

Mii.ni.

Oui.

AJUSTE

Quelle en est la causa ?

M ÉLITE

A d'indignes soupçons votre secret m'expose. Nous demeurons ensemble; et j'apprends tous les Que cela fait tenir d'impertinents discours, [jours Je n'en murmure pas. De ma seule innocence Je me fais un. rempart contre la médisance; Et , sacrifiant tout è mon affection , Je laisse déchirer ma réputation. ■

Hais puisqu'à cet excès il faut que j'obéisse. Je demande le prix d'un si dur sacrifice.'

ajusts.

Eh quoi?

MEUTE

C'est que, du moins, le marquis du Laurst, Ou par vous, ou par mot, sache notre secret.

AJUSTE

Le Marquis ! Pouvez-vous me tenir ce langage ? C'est l'homme à qui je veux me cacher davantage. Quoiqu'il soit courtisan , et qu'il ne sache rien , C'est un sage , caché sous un joyeux maintien , Et qui ne connelt pas de phts grande foiblesse Que de prendre une femme, et même une maîtresse , Soutenant qu'il n'est point d'autre félicité Que d'être, & tous égards , en pleine liberté. Faut-il vous dire plus? Cent fois, en sa présence. J'ai défendu sa thèse avec tant d'imprudence , Que, s'il sait une fois que je suis marié, Par ses traits, en tous lieux, je serai décrié.

DÉLITE

Quoi donc I doit-on rougir des imbu du dn mariage ?

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