GLUANTE
Je me sens aujourd'hui d'nne humeur A le désespérer.
FINETTE
Quelque bonne vapeur Vous seroitâ présent d'un secours admirable. Quand vonsextravaguez, vous êtes raisonnable.
CELUNTE. '
Je ne me suis jamais trouvé tant de raison.
Que Damon ne vient-il? Mais vous ferez l'oison Sitôt qu'il paraîtra.
CBUAHTÈ.
J 'excite mon courage A lui faire plutôt quelque sensible outrage. Prétcmoi ton secours pour m'y déterminer Traitons quelque sujet propre à me chagriner - Parle-moi de ma sœur.
FINETTE
Eh bien donc! ma maltresse De notre philosophe a lassé la tendresse. Il s'est abandonné , pour la première fois , A des vivacités, qui, comme- je prévois, Pourront dégénérer en aigreur tres-fàcheuse , Et rendre quelque jour votre soeur moins heureuse. Cela vous ciéplaît-il ?
CELUNTE. I
Non : tu me fais ptaiair.
Un doux ravissement est prêt à me saisir. Le bonheur.de ma sœur excitôit mon envie, Et fait , depuis deux ans , le malheur de ma vie.
Enragez donc , madame ,. et pestez bravement ; Leur querelle a produit un raccommodement Si tendre, si touchant etsi rempli de charmes. Que notre philosophe en a versé des larmes. Et moi , qui parle , moi , je ne puis y penser, Sans sentir que mes yeux sonttoutprès d'en verser.
(ELU picote.]
CSLIASTE.
Ils s'aiment donc toujours ? ,
FINETTE
PUis que jamais , .Mon maître est à présent l'esclave de sa *
CBLLllfTE.
Le sot!
Plus elle prend le ton d'autorité, .
Et plus , depuis une heure , il en est enchanté.
CBXIANTE.
Je n'y puis plus tenir. Par quel charme MéJ#e Trîomphe-t-elle ainsi d'un homme de mérite ?
S'il étoit mon mari, comme je le voudrais, Plu» il serait soumis, plus je l'approuverais. Hais avoir pour ma sœur une telle faiblesse ! C'est un aveuglement qui me choque et me blesse ; J'en crève de dépit , et j'en suis en fureur.
FINETTE
Ferme. Comment Damon est-il dans votre cœur ?
• CrtLlASTB.
Comme nn monstre.
Fort bien. Le voici , ce me semble.
Il vient fort à propos , et je vous laisse ensemble.
il Kirtle, t* replacer