SCÈNE II
ARISTE, LISIMON.
LISIMON.
Je vous cberchois , mon fils.-
AEISTB,
Quel sujet vous amène 7
LISIMON.
Eu nous quittant si tôt , vous m'avez mis en peine.
ABBTB.
J'étots indisposé.
LiamoN. Pendant tout le repas j'ai bien vu qu'avec nous vous ne vous plaisiez pal. Quelque important sujet vous gène et vous applique.. Je vous trouve rêveur, sombre , mélancolique , Vous que j'ai toujours vu d'une aimable galté, Qui faisoit rechercher votre société.
Noos n'avons pu tirer un mot de votre bouche; Et votre oncle, qu'au fond rien n'afflige et ne touche, Quoique souvent pour rien il se mette en courroux, Lui-même me paroi t fort en peine de vous. Ouvres-moi votre cœur. Qu'est-ce qui vous afflige?
AJUSTE
Rien.
Vous me trompez.
ARISTE
Hoil
LISIMON.
Voua me trompez , vous dis-je; Si vous êtes fâché de me voir de retour. Je suis prêt a partir avant la fin du jour.
AJUSTE
Moi, fâché de vous voir! O Ciel! quelle injustice !
Avoir un tel soupçon, c'est me mettre au supplice. Que j'expire à vos veux, s'il est plaisir pour moi Plus grand que le plaisir que j'ai quand je vous vol'
LISIMOît.
Je vous crois. Cependant d'où vient cette tristesse? Quelque souci secret voua ronge et vous oppresse.
Cela se peut. ' •
Pourquoi me parler à demi ?
Snisje pas votre père, et , de plus, votre ami? Oui, votre ami, mou fils; et j'ai bien lieu de l'être D'un Bis dont le bon cœur s'est si bien fait connoltre ; D'un fils de qui l'amour, de qui les tendres soins Ont depuis si long-temps prévenu mes besoins.
Abiste.
Vous me rendez confus. Hais si j'ai pu vous plaire, En ne faisant pour vous que ce que j'ai dû faire, J'en veux la récompense.
lis mon. - Et quoi?
ABISTE.
C'est d'obtenir Que vous n'en rappeliez jamais le souvenir.
M sinon.
Soit ; je satisferai votre âme généreuse ; Je m'en fais une loi qui m'est bien onéreuse ; Mais à condition (je suis ami prudent ) Que vous me choisirez pour votre confident.
ABISTE.
Ehbien! vous le serez. Votre bonté décide... Hais, quand jeveux parler, mon respect m'intimide.
LISIMON.
Est-ce ainsi qu'on en use avec un ami sûr? Tout franc , ce procédé me parott un peu dur.
AHISTE.
Ah! ne me blâmez point, et plaignez-moi.
Je gage Que ce trouble est l'effet de votre mariage.
•AJUSTE
(tfMtO
Quel mariage ? O Ciel l aauroit-il mon secret ?
LISIMON.
Celui qu'on vous propose.
ABISTE.
Il m'aiarme eu effet -
LISIMON.
Je m'en suis aperçu , sans vouloir vous le dire. Avançons. Avouez que votre cœur soupire Pour quelque autre beauté.
AXISXB.
Sans doute.
uamoK.
Apparemment Que vous êtes lié par quelque engagement?
ABISTE.
Si jamais on le fut.
L1BIHOH.
Ce contre-temps m'afflige. Mais, n'importe, achevez.
' AJUSTE
Je ne puis.
LISIHON.
Je l'exige.
Vous dévorez des pleurs qui coulent malgré vous ! Vous pâlissez! Pourquoi vous mettre à mes genoux?
Mon Cl s, j'approuve tout. L'objet qui vous enflamme Est digne de vous ?
ABISTE.
Oui.
LISIHON.
Quel est-il?
AJUSTE
C'est ma femme.
USIMOS.
Votre femme! Comment ! vous êtes marié?
ABISTE.
Par an secret hymen vous me trouvez lié.
L1SIXOS.
Je reçois cet aveu plus en ami qu'eu père.
Hais pourquoi , jusqu'ici , m'en avoir fait mystère?
ABISTE.
J'ai consulté l'amour, et non l'ambition.
Et me suis marié par inclination.
J'ai fait choix d'une aimable et jeune demoiselle ,
Qui n'avoit d'autre bien que celui d'être belle :
Vous pouviez m'en blâmer ; ainsi , quoiqu'à regret,
A vous , comme au public , j'en ai fait un secret.
Lismon.
A-t-elle un bon esprit? Est-elle douce, sage?
ABISTE.