ARISTE , LE MARQUIS
LE MARQUIS, riant.
L'incartade est plaisante et me réjouit fort.
ARISTE
On peut trouver moyen de vous mettre d'accord.
LE MARQUIS
Laissons-lui le plaisir de faire la cruelle; Si je veux m'engager, ce n'est pas avec elle.
ABISTE.
Quoi donc 1 voudriez -vous enfin vous marier F
LE MAKQUIS.
Oui, mon cher; et de plus, je vais le publier, ASn que les rieurs se dépêchent de rire , Et que la noce faite on n'ait plus rien à dire. Je ferai sur moi-même un couplet de chanson, Pour animer leur verve et leur donner le ton.
ABISTE.
Le projet est hardi , mais il est raisonnable.
LE MABQUIS.
N'est-il pas vrai? Pour moi , je le tiens préférable Au parti que prendrait un homme tel gue nous, De faire le plongeon pour éviter les coups. Vous, par exemple , vous , dont la veine comique Aux dépens du beau sexe a paru si caustique. Ne conviendrez- vous pas si, par quelque retour, Vous vous avisiez.... là...', de prendre femme on Et que vous voulussiez cacher ce mariage, [jour, Que vous jouriez alors un fort sot personnage.
Ah! très-sot en effet. Mais enfin, «Sites-moi, Quel est l'objet qui va recevoir votre foi ?
LE MABQUIS.
Une enfant de treize ans. Cela doit vous surprendre: Mais ce n'est encor rien ; et vous allez apprendre Un fait qui causera votre adqiiration.
J'épouse cette enfant par procuration.
Mon oncle, dont j'attends une fortune immense, Depuis long-temps sous main traite cette alliant*, Et veut que sans tarder l'hymen soit contracté. Il trouve seulement une difficulté.
Qui ne lui parait rien, cependant.