LE PHILOSOPHE MARIÉ, ACTE V, SCÈNE X
LISIMON, GÉROWTE, DAMON , MEUTE , ARISTE, CÉLIANTE, FINETTE.'
uim, Mélite, approchez-vous.
L1SIMOH.
Que vois-je ?
DAMOH.
C'est sa femme.
OBSOIfTB.
C'est sa femme?
FISETTK.
Elle-même.
AHIBTB.
On me soutient, madame, Que mon oncle et mon père, en ce même moment, Ont essuyé cent traits de votre emportement ; Que, sans aucun respect, excitant leur colère....
HBLITB.
Moi! j'aurais insulté votre oncle et votre père! Eh! je n'ai jamais eu l'honneur de leur parler.
A&ISTB.
Quel galimatias 1
DAMOH,
Je vais le démêler, SI l'on m'écoute enfin. Une pure méprise Forme l'embrouillement qui fait votre surprise ; Et les vivacités de votre belle-sœur.
Qu'ils prenoient pour Mélite , ont causé leur erreur.
ARISTE
Vous auriez dû plus tôt le leur faire comprendre.
DAMOH.
Eb ! le moyen ? Jamais on n'a voulu m* entendre.
CÉLIAKTE.
Ce que je leur si dit, je le répéterai.
On veut nous faire affront, et je le souffrirai!
On intente un procès sur votre mariage ,
Et je ne serai pas sensible à cet outrage!
Si j'étois votre femme , et qu'on eût ce dessein ,
Votre oncle ne mou r roi t jamais que de ma main.
MEUTE , 1 Lttmon M i Géronte.
De quoi suis-je coupable? Ariste peut vous dire Qu'à recevoir sa main il n'a pu me réduire, Qu'après m'a voir promis et juré mille fois Que son père avec joie approuverait son chois.
C'est à vous , je le vois , qu'il faut que je m'adresse , Pour vous entendre ici confirmer sa promesse. Vous aimez trop ce Dis , vous aimez trop l'honneur. Pour condamner son choix et causer mon malheur.
vos discours ont pénétré mon âme.
Mon fils ne peu voit prendre une plus digne femme ,
Je le vois ; et son choix entraînerait le mien ,
Si ce (Ils pour vous deux avoit assez de bien.
Sa fortune dépend des bontés de mon frère ,
Et voue mariage excite sa colère.
Il veut absolument rompre cette union,
Ou priver votre époux de sa succession.
■blitb. i g «route. [armes
Pour vous fléchir, monsieur, je n'ai point d'autres Que ma soumission , mes soupirs et mes larmes. Confirmez mon bonheur. Pour l'obtenir de vous, Je ne rougirai point d'embrasser vos genoux. Hais si je presse en vain , si votre aigreur subsiste , Je ne veux point causer l'infortune <T Ariste. En brisant nos liens, rendez-lui votre cœur; Un couvent cachera ma honte et et ma douleur.
GKR05TB. IttHldri.
Qui pourrait résister à sa voix de Sirène? Ma nièce, levez-vous. Me voilà fort en peine. Tantôt , désespéré- de votre hymen secret , J'ai promis aux parents du marquis du Lauret Qu'il aurait tout mon bien avec ma belle-fille , En cas que je la fisse entrer dans leur famille. Si je vous laisse Ariste, elle aura le Marquis, Et ma succession , puisque je l'ai promis.
UIIR, Mon oncle, vous pouvez accomplir vos promesses: Mélite me tient lieu de toutes vos richesses.