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LE GLORIEUX

COMÉDIE EN CINQ ACTES. ET EN VERS

BBPBËSENTÉB, POUB LA FBEKIBBB POIS, LE 18 IANVIKH 1733.

PREFACE

Cm comédie liant d'être reçue «I favorablement da public, qoo je lue croirais indigne de» applaudissements dont U m'a honoré, li je ne m'eflbreoi* pasdelni en témoigner ma reconnoissance. J'ow lui proteiter qu'elle est ■nui rive que juste. Je ne trouve point de tenu» qui puissent l'wpriwer; usa» pot la faire éclater d'une nwnih-e sensible, je promets a ce même public, 4 qui je suis si redevable , qu'en cbarchiot a loi procurer de nouveaux amusements , je n'éparguerai ni soins , ni tnnm , pour mériter la couUnuatian de tea suffrage*. Quoique In caractère* lemMent épuisé* , il m'en reste encore plusieurs à traiter. Ce n'est pai que je ne sois tres-convalncu da difucullés et des périls de l'entreprise, parce que le* caractères la plus bcflai et loi plus saillauts ont déjà paru sur la scène. Hait comme le* succès redoublent raonsele, peut-être augincnterooMls ma force». Ce qui doit au moine m'en taire bleu augurer, c'est que mou objet eut généralement approuvé. On aalt que j'ai toujours dotant la yeai ce grand priacipe dicté par Horace :

Omne tulil punetum , qui mlxcult utile duld,

et que je crois que l'art dramatique n'est estimable qn'aatantqntla ponr but d'instruire en divertissant. J'ai toujours eu pour maiime incontestable, que, quelque amusante que puisse être nue comédie , c'est oh ouvrage

pe* de corriger lesmiEara, de tomber mr le ridicule, de décrier le liée, et de mettra la Terto dant un si beau jour, qu'eue t'attire l'estime et la vénération publique. Ton» met tpectateurt ont bit oonnoltre unanimement, et, il je l'ose dire, d'une manière bien flatteuse ponr moi, qu'il* se livraient avec plaisir* un objet ti raisonnable. Je ne craindrai pas même d'ajouter ici, qu'eu m'houoraut de leurs applaudissements, Ils tesout fait honneur a euxmêmes. Car enfin , qu'y a-t-U de pics glorieux pour notre nation , ai fameuse d'ailleurs par tant de qualité», que de faire aujourd'hui conuoltre a ton! l'nniTcn, qne le» comédie» , à qui l'ancien préjugé no donne pour objet

que celui de plaire et de divertir, ne peuvent la drrartlr at lai plaire long-temps qne lorsqu'elle trouve danacet agréable «peciaole, non-seulemenl es qui peut le rendre innocent et permis , mais même ce qui peut contribuer * l'instruire et * la corriger? Il est donc de mou devoir, en payant au publie le juste tribut qu'il attend de ma reoonnoiisaucB , do le féliciler. fur le goflt qu'il fait toujours éclater pour la» ouvrage* qui ne tendent qu'a épurer la scène, qu'à la purger de on frivole* saillies , de ces debanebes d'esprit , de ces faux brillaula, de ces sales équivoque*, de ces fades jeux de mots, de œa moeurs batte* et vicieuses, dont elle* été souvent Infectée, et qu'à la rendre digne de l'estime et de la présence dos honnêtes gens. Il est aisé de voir dans tons mes ouvrage*, rompus au surplus d'une infinité de défauts, que e'ett uniquement à ces sortes despeclaleunquejs me suii toujours efforcé de pltlre. Il ne manque h un objet si légitime, que les talents nécessaire* pour j; parvenir. Toute la gloire dont je puisse me flatter, c'est d'avoir pris un ton qui a paru nouveau, quoique après l'incomparable Molière, il sembUt qu'il n'y eût point d'antre «ecret de plaire que celui de marcher sur aes traces. Mais quelle témérité de vouloir suivre nu modela que les autan les plus sage* et les plus judicieux ont lonjotm regardé comme iniroi- ! il ne nous a laissé que le désespoir de l'égaler: tropbeureux si, par quelque route nouvelle, nous pounoot rendre supportables après lui! C'est I quoi je me suit, borné dans mes ouvrages dramatique»; et c'est os doute a cette précaution essentielle que je dois l'acleillarorable qu'ils ont reçu.

Je n'en mus pas moins redevable a l'art des actenri , qui en ont employé tous les ressorts et toutes les Bnesses, principalement dan* cette dernière comédie, pour signaler leur xMe et leur amitié pour moi. Je leur dois à loua, mile exception, cette jnalice; et je la leur rends arec d'autant plu* de plaisir, que le public l'autorise par ses applaudissements. M. Quinault l'alné, dans le rôle du Lïcandre, a bit voir qu'il sait se transformer eu tontes sortes de caractères; que, quelque différeo ta qu'ils puissent être le* un* des autres, ils lui fournissent également une occasion brillante de faire admirer te* talents et MM

«prit, et qu'il imrtsedoouerle ton, la gravité, lea entrailles de père, avec autant de justesse , de précision et de vérité, qa'il l'approprie le* saillies, ta vivacité, et lea grâces d'an jeune nomme, quand il eit question de les représenter. Quelle estime,, quelle vénération, quel amour n'a-t-fl pot nt inspiré pour le mnltieureni père du comte de TuBère et de Lisette 7

Je doit tel même» louange* s ion frère , M. Dufretne , qui a trouvé l'art d'annoncer le canelère du Gloiiiui, même avant qae de prononcer une parole , et psr ta seule manière de «t présenter sur ta «cène. Quelle noblesse dan* khi port! quelle grandeur dan* «on air! quelle flerté daiM ta démarche! quel art, quelles grâces, quelle Térité dans tout le débit du râle, et quelle finesse, quelle Tarieté dans tous les jeni de théâtre !

Jamais personnage ne tut plat difficile t représenter que celui de Lisette, fille de condition et femme de chambre en même temps. Être trop comique, c'était démentirsa naissance. Être trop sérieuse , c'était s'exposer à refroidir l'action, et a rendra le personnage ennuyeux. Il s'agissolt de trouver un joute milieu entra les saillie* et le* vivacité* d'une sortante et la noble retenue d'une fille de qualité. C'est ee qu'on Tient de voir exécuter avec tant de succès parl'eicellenteacfrice.mademotaelle Qulnautt, chargée du rôle de Lisette.

Ile eera-t-il permis de taire souvenir le public de l'air de confiance,' de joie, de nsjveté, cl des plaisantes brasquertet de IJsiinou, ou plutôt de l'acteur judieicoi et naturel, M. Duchemin, quia paru sons le nom de ee bourgeois aotfbliTL'eitrcino plabJr qu'il a tait aux spectateurs ne rOe laisse assurément aucun lieu de douter qu'il n'ait beaucoup contribué au succès de mon ouvrage.

Je me tenta encore un devoir bien agréable de faire l'éloge de ma* autres acteurs , il la crainte d'ennuyer par on trop long détail ne meltoit, malgré moi| bornas à un reconnolssance.

Apre* ce juste tribal qu'eue exigeoftde ma pinroe.ce serolt tel l 'occasion naturelle d'employer quelques lignes a. réfuter la censura de l'antenr d'une petite comédie , ou plutôt d'un ouvrage qui eu usurpe le nom, et qui a paru pendant quelques jonn *nr le Théâtre Italien (I). Mais quoiqu'il me convienne moin* qu'à qui que ce puisse être de mépriser mes confrère* te* auteur* , et que je reeonnolsse en eux de* talents supérieurs aux miens , je «roi* pouvoir affecter te silence I l'égard de l'auteur. dont U est question : je me dispenserai même de le nommer, pour ne lepoint tirer de son obscurité, el je lui laisse te champ libre sur on théâtre qui est son unique rea- «ource.et qui est propre * exercer son génie; théâtre qui ne subsiste qu'aux dépens des meilleurs ouvrage*, et dont le mérite principal est de les tourner en ridicule el de te* livrer à l'envie et au mauvais goût. Il me suffit que le publie ail eu la bonté de suivre ma comédie; en l'approuvant , il s'est chargé de ta défendre el de justifier en mente temps les suffrages. Tout ce qu'il me reste a dire c'est qu'on me tronven toujours également

t dt nmfier, parodie de ta comédie

disposé t me corriger aur te* «via des personne» impar- Jodldeuset, et a. mépriser tes censuras de certain* petits auteurs étouffé* qui tachent de se donner sllef, en attaquant uns mesura el sans dtalootce que le public ne juge pas indigne de se*

PERSONNAGES

■ I.1S1MUN , riche bourgeois anobli.

ISABELLE. Dile de LisLnion. valére ,' Ek de Lltlmon.

LE COMTE DE IUFIÊRE, amant d'Isabelle.

PHIL1NTB. antre amant d'Isabelle.

LYCAMlHE, vieillard Inconnu.

LISETTE , femme de chambre d'Isabelle.

Pàsouin , valet de chambre du Comte.

LA FLEUR, laquais du Comte.

M. JOS9B, notaire, lia LiQiuifl de Lveandrc Plusieurs antres Lagons do Comte.

U scène est à Paria , dans un botel g

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