AN OBLIQUE
Quoi ! vous voulez , ma sœur , avec cet air si doui , Ce maintien réservé , prendre un nouvel époux ?
la comtesse. [crime
Et pourquoi non, ma sœur? Faîs-je donc un grand De rallumer les feux d'un amour légitime ? J'avois fait vœu de fuir tout autre engagement. Pour garder du défunt le souvenir charmant , Je portoisson portrait ; et cette vive image Me soulageoit un peu des chagrins du veuvage : Mais qu'est-ce qu'un portrait , quand on aime bien C'est un époux vivant qui console d'un mort, [fort?
NÉBINE.
Madame n'aime pas les maris en peinture.
LA COMTESSE
Cela racquitte-t-il d'une perte aussi dure ? C'est irriter le mal , au lieu de l'adoucir.
Connotaseuse en maris , vous deviez mieux choisir. Vous unir à Valère!
ŒUVRES DE KEGNARD.
LA COMTXSSE.
Oui , ma sœur , à lui-même.
Angélique. [ aime ?
Biais vous n'y pensez pas. Croyez-vous qu'il vous la comtesse. [ment !
S'il m'aime, lui! s'il m'aime! Ah ! quel aveugle- On a certains attraits , un certain enjouement , Que personne ne peut me disputer , je pense.
ANGÉLIQUE
Après un si long temps de pleine jouissance , Vos attraits sont à, vous sans contestation.