‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 960 sur 1244 · LE GLORIEUX, ACTE I, SCENE VIL · texte numérisé non relu

LE GLORIEUX, ACTE I, SCENE VIL

Qu'elle attende.

LISETTE

Monsieur, voulez-vous qu'on me gronde?

LISIMON.

Qui l'oseroit céans? Je veux que tout le monde T'y regarde en maîtresse , et me respecte en toi ; Que femme , enfants , valets , tout t' obéisse.

A moi, Monsieur? y pensez-vous?

LMMOa.

Oui , ma petite reine ; De mon cœur, de mes biens, je te rends souveraine.

LISETTE

Ce langage est obscur, et je ne l'entends pas.

LISMOH.

Je m'en vais m 'expliquer. Charmé de tes appas , J'ai conçu le dessein de faire ta fortune. Pour nous débarrasser d'une foule importune , Je te veux à l'écart loger superbement. Les soirs , j'irai chez toi souper secrètement. Je ferai tous les frais d'un nombreux domestique, D'un équipage leste autant que magnifique; Habits , ajustements , rien ne te manquera; Et sur tous tes désirs mon cœur te préviendra. M'entends-tu, maintenant?

LISETTE

Oui, monsieur, à merveille.

LISIMOH.

Et ce discours, je crois, te chatouille l'oreille; Que réponds-tu , ma chère, à ces conditions?

LISETTE

Je ne puis accepter vos propositions, Monsieur, sans consulter une très-bonne dame, Que j'honore.

USIMON.

Et qui donc ?

* LISETTE

Madame votre femme.

Comment diable! ma femme?

LISETTE

Oui , monsieur, s'il vous plaît ; A ce qui me regarde elle prend intérêt; Et je ne doute point qu'elle ne soit ravie De me voir embrasser ce doux genre de vie.

LUDION.

Te moques-tu?

LISETTE

Je vais aussi prendra l'avis De ma maîtresse , et puis de monsieur votre fils.

Tous trois édifiés, à ce que j'imagine, Du soin que vous prenez d'une pauvre orpheline , Seront touchés de voir que , lui prêtant la main , Tous la mettiez vous-même en un si beau chemin ; Et qu'à votre âge enfin votre charité brille , Jusqu'à les ruiner pour placer une fille. Lunifoa.

Tu le prends sur ce ton ?

Oui, monsieur, je l'y prends.

Apprenez, je vous prie, àconnottre vos gens. Un cœur tel que le mien méprise les richesses, Quand il faut les gagner par de telles bassesses.

Oh I puisque mon amour, mes offres, mes discours, Ne peuvent rien sur toi , je prétends...

LISETTE, l'enfnjint.

Au secours 1

LUDION.

Quoi ! friponne , me faire une teHe incartade I SCÈNE VII.

LISIMON, VALÈRE, LISETTE.

Mon père , qu'avez-vous ?

UHMOM.

Rien.

VALKU.

Êtea-vous malade ?

L1STHON.

Non ; je me porte bien. Que voulez-vous ?

VALERE

Qui ? moi ?

On crioit au secours ; et , plein d'un juste effroi , Je sois vite accouru.

LISIMON.

C'est prendre trop de peine.

Lisette me suffit.

LUDION.

Votre aspect me gène.

Sortez.

VALÈRE

Moi , vous iraitter en ce pressant besoin 1 Je n'ai garde, à coup sûr. Lisette , j'aurai soin De Monsieur; sortez vite; allez dira à ma mère Qu'elle vienne an plus tôt.

;h ! je n'en ai que fi

J'y rais.

Page 1