‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 975 sur 1244 · PASQUIN, LE LAQUAIS · texte numérisé non relu

PASQUIN, LE LAQUAIS

LE LAQUAIS

Holà ! quelqu'un des gens du oomte de Tuflère ?

PASQÙIN, d'à un arrêtant.

Que voulez-vous t

LH LAQUAIS

Cet homme a la parole (1ère.

Parlez donc.

LE LAQUAIS

Est-ce vous qui vous nommez Pasquin ?

C'est moi-même en effet- Mais apprenez, faquin. Que le mot de Monsieur n'écorche point la bouche.

LE LAQUAIS

Monsieur, je suis confus. Ce reproche me touche. J'ignorais qu'il fallût vous appeler Monsieur : Hais vous me l'apprenez, j'y souscris de bon cœur.

PASQUIN, (l'un ton Importun.

Trêve de compliment.

LE LAQUAIS

Voudrez-vous bien remettre Au Comte votre maître un petit mot de lettre ?

Donnez. De quelle part P

LE LAQUAIS

Je me tais sur ce point ; Elle est d'un inconnu qui ne se nomme point. Adieu , monsieur Pasqain. Quoique mon ignorance Ait pour monsieur Pasquin manqué de déférence.

Il verra désormais, à mort air circonspect ,

Que pour monsieur Pasquin je suis plein de respect.

PASQU m , kqI.

Ce maroufle me raille , et même je soupçonne Qu'il n'a pas tort. Au fond , les airs que je me donne Frisent l'impertinent , le suffisant , le fat , Et si , tout bien pesé , je ne suis qu'un pied-plat. Sans ce pauvre garçon j'allois me méconnaître , Et me gonfler d'orgueil aussi bien que mon maître. Je sens qu'un glorieux est un sot animal. Mais j'entends du fracas. Ah! c'est l'original De mes airs de grandeur, qui vient , tête levée. Mon éclat emprunté cesse à son arrivée.

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