SCÈNE VIII
LE COMTE, PHILINTE, USIîàJQN.
LISIJIOW . i
Chez mol, morbleu! chez moi, faire un pareil va- Par la mort! le premier.... [carme!
Le respect me désarme.
LISIHON.
Ah! vous êtes mutin, monsieur le doucereux?
Quelquefois.
LE COMTE
Par bonheur, il n'est pas dangereux.
PHILINTE
C'est ce qu'il faudra voir. Du moins je vous assure Que de cette maison si quelqu'un peut m'exclure , Ce ne sera pas vous.
Non, mais ce sera moi.
PHILINTB.
Je prends la liberté de vous dire...
LISIMOH.
Je croi Qu'un père de famille, en ce cas, est le maître.
PHILINTB.
J'en conviens.
Et je prends la liberté de l'être, En dépit de ma femme et de ses adhérents. Si tu ne le sais pas, c'est moi qui te l'apprends. Le Comte aime ma fille, il a droit d'y prétendre; J'ai pris la liberté de le choisir pour gendre. 1 Ma (Hlf en est d'accord, et prend la liberté
De se soumettre en tout à mon autorité. Ainsi sans te flatter contre toute apparence, En prenant ton congé , .tire ta révérence.
PHILIKTE.
J'aurai l'honneur, monsieur, deftpondre à cela, Que Madame n'est pas de ce sen%nent-là.
Madame n'en est pas? J'ai donné ma parole. Si pour me chicaner Madame eat assez folle, Madame sur-le-champ , par le pouvoir que j'ai , En même temps que toi recevra son congé.
FHILIHTE.
J'adore votre fille ; et l'aveu de sa mère Me permet d'aspirer au bonlteur de lui plaire. Dès qu'elles m'excluront, je leur obéirai. Jusque-là j'ai mes droits, et je les soutiendrai. Cnnrk]
LE COMTE, LISIMON.
Quelle obstination!
LE COMTE
Ceci vient de Valère, Et je m'en vengerois , si vous n'étiez son père.
usiatoff.
Je veux le faire, moi , mourir sous le bâton, Ou le gueux , dès ce soir, quittera ma maison. Il m'a joué d'un tour.... Eh! là, là, patience.
LE COMTE
C'est un petit monsieur rempli de suffisance.
Ltsmofl.
Le portrait de sa mère , un sot , un freluquet , Qui fait le bel esprit, et n'a que du caquet. O la méchante femme ! Avec son air affable , Composé , doucereux , c'est un tyran , un diable. De sang-froid , tout à l'heure, en termes éloquents, Et tons bien de niveau, mais malins et piquants, Devant ma fille même, elle m'a fait entendre Qu'elle me quittera, si je vous prends pour gendre; Et moi j'ai répondu que j'êtois résigné A souffrir ce malheur, dès qu'elle aura signé; Qu'immédiatement après sa signature Elle pourrait aller à sa bonne aventure. Sur cela, force pleurs, évanouissement.
Isabelle et Lisette, avec gémissement, L'ont vite secourue; et, par cérémonie, Tontes trois à présent pleurent de compagnie. Car qu'une femme pleure , une autre pleurera ; Et toutes pleureront, tant qu'il en surviendra.
LE, COMTE
Ainsi notre projet souffre de grands obstacles.
Pour en venir à bout, je ferai des miracles.
Ce que j'apprends de toi me réchauffe le cœur : Je ne te croyois pas un si puissant seigneur. Comment diable ! ton père , à ce que l'on m'assure , Fait dans sa baronnie une noble figure.
i LE COMTE, lui frjppjnl Ut l'épaule.
Allez,' mon cher, allez, quand vous me eonnoltrei, De vos tons familiers vous vous corrigerez; Vous ne tutoirez plus un gendre de ma sorte.
LismuN.
Ma foi , sans y penser, l'habitude m'emporte. Au cérémonial enfin je me soumets.
le ton TE.
Me le promettez- vous?
LUDH8T.
Oui , je te le promets.
Va , tu seras content,
LE COMTE
Fort bien. Belle manière De se corriger!
LISIMOIf.
Oh! trêve à votre humeur Gère; Et consultons tous deux comment je m'y prendrai Pour finir.
LE COMTE
Le conseil que je vous donnerai.
C'est de ne plus souffrir qu'ici îou se hasarde A dire son avts sur ce qui me regarde. Pour trancher en un mot toute difficulté, Sachez vous prévaloir de votre autorité.
Si vous vouliez m'aider....
LE COMTE
Non, monsieur, je vous jnre.
Quand vous serez d'accord , je suis prêt à conclure.