‹ Œuvres choisies de DestouchesChapitre 997 sur 1244 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LISETTE, PASQUIN

LISETTE

Quoi! sans me regarder, doubler ainsi le pasl

Ah I ma reine , pardon ; je ne vous voyois pas , Awiez-vous, par hasard , quelque chose à me dire?

LISETTE

Oui, sur de certains faits voudriez-vous m'iostruipasquin. [re?

Le puis-je?

Assurément.

PASQUIH.

Tous avez donc grand tort D'en douter.

LISETTE

Mais sur vous il faut faire un effort.

PASQCII*.

Vous n'avez qu'à parler. Je suis homme à tout faire , Pourvousmarquermonzèleet tacher de vous plaire. Quel est ce grand effort que votre autorité M'impose? *

LISETTE

De me dire ici la vérité.

pasqcin.

Bien ne me coûte moins.

LISETTE

Pour entrer en matière, Avez-vous jamais vu le château de Tufière? PASQnot.

, (»p»tO

Si je l'ai vu ? feent fois. C'est mentir hardiment.

Est-ce un si bel endroit qu'on nous l'a dit ?

Comment I C'est le plus beau château qui soit sur la Garonne. Vous le voyez de loin qui forme un pentagone. ..

Pentagone! bon Dieu ! quel grand mot est-ce là?

C'est un terme de l'art.

LISETTE

Je veux croire cela.

Mais expliquez-moi bien ce que ce mot veut dire.

PASQDin.

Cela m'est très-facile , et je vais vous décrire Ce superbe château , pour que vous en jugiez , Et même beaucoup-mieux que si vous le voyiez. D'abord , ce sont sept tours , entre seize courtines. .. Avec deux tenaillons placés sur trois collines... Qui forment un vallon , dont le sommet s'étend Jusque sur... un donjon... entouré d'un étang.... Et ce donjon placé justement.... sous la zone.... Par trois angles saillants , forme le pentagone. '

LISETTE

Voilà , je vous l'avoue, un merveilleux château !

pasquth.

Je crois , sans vanité , que vous le trouvez beau.

LISETTE

Et c'est donc en ce lieu que le père du Comte Tient sa cour ?

pasqctn. Oui , ma reine ; et faites votre compte , Que dans tout le royaume il n'est point de seigneur Qui soutienne son rang avec plus de splendeur. Meutes , chevaux , piqueurs , superbes équipages , Tafeteouverte en tou t temps, deux éeuyers, six pages. Domestiques sans nombre et bien entretenus ; Tout cela ne saurait manger ses revenus.

LISETTE

Mais c'est doucun seigneur d'une richesse immense?

Vous en pouvez juger par sa magnificence.

L1SETTB.

Je trouve en vos récits quelque petit défaut ; VOns'mentez a présent, ou vous mentiez tantôt.

Comment donc?

LISETTE

Un menteur qui n'a point de mémoire Se décèle d'abord. Si je veux vous en croire, Le Comte est grand seigneur. Dans un autre entre- Vous m'avez assuré qu'il n'avoit pas de bien. [tienv

Tout franc , votreargument me parolt sans réplique. Naturellement , moi , je suis très-véridique. Mais j'obéis. Au fond les faits sont très-constants, Et nous n'avons menti qu'en allongeant le temps.

LISETTE

Rendez-moi , s'il vousplatt, cette énigme pins claire.

Quinze ans auparavant , ce que j'ai dit du père Se trouvera très-vrai. Depuis , tout a changé.

Dans un piteux état le bonhomme est plongé , Et le pauvre soigneur trame une vie obscure. Hais mon maître voulant qu'il fasse encor figure, Par uu récit pompeux , fruit de sa vanité , Vient do le rétablir de son autorité.

Qu'entre nous , s'il vous plaît , la chose toit secrète.

LUETTE

Allez, ne craigne/, rien. Si j'étais indiscrète, Je feroia tort au. Comte. Et si je tais des voeux, C'est pour pouvoir l'aider à devenir heureux. Valère à mes efforts sans relâche s'oppose ; Mais à les seconder je veux qu'il se dispose. Il vient fort à propos.

PASQTJ1N.

Fort à propos aussi le vais me retirer, puisqu'il vous cherche ici.

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