SCÈNE XVII
CÉCILE, de JORDY, CAROLINE, ÉDOUARD, CHAMPENOUX.
DF. JORDY
Eh bien! qu’est-ce que vous faites donc?
ÉDOUARD, baisant la iuaiu.de Caroline.
Je tâche de la faire revenir.
CAROLINE
Ce n'est rien... la frayeur, l’émotion. ( Montrant Champenoui.) Cet imbécile, avec son apparition.
CHAMPENOUX.
Dame ! vous me faites courir après lui, quand vous le tenez sous clef.
DE JORDY
En effet, madame , il est fort extraordinaire que votre filleul...
CAROLINE
Vous croyez ?
Air nouveau de M. Heudier.
C’est assez juste, et j’ai la même crainte;
Oui , dans le monde on pourrait en jaser.
Je me vois donc presque contrainte,
Presque obligée à l’épouser.
ÉDOUARD
Qu’entends-je? ù ciel! vous voulez m’abuser.
CAROLINE
Non pas, vraiment ; celte nouvelle chaîne (Montrant Édouard.)
De s’acquitter lui donne te moyen;
Car autrefois, je m’en souviens.
Je lui donnai mon nom comme marraine .
Et comme époux il me donne le sien.
ÉDOUARD
Quel bonheur !
CIIAUPENOUX.
Ah , ma marraine ! que c’est mal à vous ! Je ne m’attendais pas à ça de voire part, vous dont je ne me défiais pas, surtout après ce que vous m’aviez promis.
CAROLINE
Ce pauvre Champenoux !
LÀ MARRAINE
C11AHPEN0UX, pleurant.
l’auvre ! vous avez raison ; car ce mariage-là me ruine. Mais on verra: je ne sais pas jusqu’à quel point une marraine peut épouser son filleul ; ça n’doit pas être dans la loi, et je forme opposition.
ÉDOUARD
Eh bien ! par exemple.
CAROLINE
Rassure-toi. Je comptais, pour ma part, renoncer à la succession de ton cousin; et si Édouard, si mon mari est de mon avis...
Ah, ma marraine! je n’en aurai jamais d’autre.
CHAMPESOUX , riant et essuyant ses larmes.
Il se pourrait ! Ce cher Édouard ! came raccommode avec vendémiaire. Ma marraine, je donne mon consentement.
CHOEUR
Air du Maron.
Quel bonheur, quelle Ivresse!
Il daigne consentir ,