SCÈNE IV
CARACALLA , sc rasseyant.
Les municipal , c’est censément comme des sénateurs romains ; il faut qu’ils soient z-à la Titus... Fameux citoyen , que le citoyen Titus!... A propos de queue, je t’ai vu passer tantôt z-avec la patrouille; et toi, qui ordinairement va z-en tête, tu étais dans les trainards.
GÉRARD, tout eu le coiffant.
Que veux-tu , citoyen municipal , c'est que les derniers souliers que tu m’as faits me gênaient un peu.
CARACALLA
C’est possible ; depuis que j’ai t-été nommé municipal , je néglige l’escarpin. Je ne fais plus de souliers, je fais des motions.
GÉRARD
Aux Cordeliers?
CARACALLA
Non, c’est des patriotes à l’eau rose ; je vas à une autre société : tous purs montagnards dans celle-là. El si la citoyenne m’entendait quand je suis t-à la tribune...
JULIE
Je me demande toujours où vous avez appris l’éloquence.
CARACALLA, sc levant.
Quand un citoyen z-aclif a des principes solides (Gérard le fait asseoir ), il a beau ne rien savoir, il est propre à tout. ( il »e relève. ) Voilà le résumé des droits de l’homme.
GÉRARD , le faisant asseoir.
Il a raison; uu bon citoyen n’a pas besoin d’étudier! il sc sufiit à lui-même.
CARACALLA
Celui-là me comprend , c’est pour cela que nous abattons tous ces monuments du despotisme : la porte Denis, la porte Martin, et un tas d’estatues et de palais, et des hôtels qui vexent le peuple. (Il se lève, et va à Julie.) Raisonnons. A supposer que les places, comme tu voudrais l’inculquer, soient z-à la participation de ce que tu appelles des connaisseurs, des savants; hein... qu’arriverait-il?
JULIE
Vous ne seriez pas en place.
Oui, mais nous retombons dans la féodalité et les accapareurs... voilà. Ainsi, citoyenne, je t’invoque à plus de... je t’y invoque (A Gérard. ) Tu as donc fini ? ça fait...
GÉRARD
Un assignat de 600 francs.
CARACALLA-
C’cst z-uu peu cher ; on a eu tort de ne pas comprendre la coupc des cheveux dans le maximum.
JULIE
Il n’aurait plus manqué que cela , après avoir supprimé la coiffure et la poudre.
CARACALLA
Citoyenne , tu es t-égoïste , la révolution n’a pas été faite pour les perruquiers ; et tout de même, citoyenne , loi qui ne l’aimes pas la révolution, tu en uses. Gérard m’a tout raconté; tues bien aise de la trouver, pour divorcer, cette pauvre révolution.
JULIE
Moi !
CARACALLA
C’est singulier, comme cette loi du divorce a du succès daus les ménages ; les citoyennes en sont folles ; c’est une loi pour les femmes. Ces coquins de législateurs , ça pense à tout. ( A Gérard. ) Ah çà ! c’est toujours pour ce soir ; et les témoins !
Toi, le pâtissier Manlius, et les deux premiers citoyens venus.
CARACALLA
Ma foi, tu as aussi bien fait. A présent, ou peut tout dire. Gérard, tu as déjà z-un remplaçant.
GÉRARD
Moi!
JULIE
Qu’est-ce que cela signifie ?
CARACALLA
Citoyenne, tu n’as pas la parole. ( A Gérard. ) J’ai rencontré ce matin la citoyenne Cornélie , la rempailleuse, une des plus intrépides tricoteuses de la section ; elle a vu hier soir à la bruuc, un galantin, un muscadin, tranchons le mot, un individu qui se glissait par la fenêtre basse dans la chambre de ta femme.
GÉRARD, à part.
On l’a vu !
CARACALLA
Et comme il n’est pas sorti, faut croire qu’il y est encore, et la preuve. ( Montrant le chapeau que le marquis a jctc en entrant.) A °*la