SCÈNE X
et d’argent cachés dans les murs de leur hôtel ; bon, me suis-je dit z-à part moi, c'est z-un renseignement ; si l’émigré z-est à Paris... (.ni marquis ) écoute ça, citoyen, il ira rendre une visite domiciliaire à son hôtel, pour à celte lin de faire du tort ù la nation , eu lui prenant ses écus.
GÉRARD
C’est sûr.
Alors j’ai z-euvoyé deux émisplières en faction pour surveiller les individus qui entre ou qui sort , et si un des ci-devant se présente, pincé et incarcéré ; c’est là do la malice et de l’esprit !
GÉRARD
C’est drôle , ça me fait l’effet d’une bêtise.
CAR AC ALLA
Une bêtise , citoyen, une bêtise arrêter les Surgy !
GÉRARD
Saus doute ; il vaudrait mieux arrêter leur trésor.
CARACALLA, surpris.
Ah, diable! c’est vrai ! c’est une autre idée. ( Bas, à Gérard.) Mais le moyen?
GÉRARD , d» même.
J’en ai un ; je sais où est le trésor; et, si tu veux m’aider, au nom de la nation...
CARACALLA
C’est dit ; partons vite.
GÉRARD
Un instant, il faut d’abord nous débarrasser de ces deux-là, qui voudraient partager, et du citoyen Sénèque, qui viendra tantôt pour le même objet.
CARACALLA
Ce coquin de Sénèque , il n’haït pas les richesses ; ce sera difficile.
Je m’en charge; mais pour ceux-là, ça te regarde.
CARACALLA
Comment cela ?
GÉRARD , à haute voit.
Quand la patrie est en danger, comme cela lui est encore arrivé ce matin , il faut que les bons citoyens se rendent à leur poste.
CARACALLA
Oui , il faut que tous les bons patriotes se rendent à leur poste.
GÉRARD
Et voilà le citoyen Thomas, un oncle de ma femme, et mon cousin Girardot,quiestcn congé et qui va rejoindre, qui voudraient quitter Paris ce soir.
CARACALLA
N’est-ce que cela ?
GÉRARD
11 faut donc, comme municipal , que tu leur signes un permis.
CARACALLA, les regardant.
Un permis à eux ? impossible.
JCL1F. , à part.
O ciel 1
Tu refuses un patriote, moi, Gérard , qui suis leur caution ?
CARACAIAA.
Je ne peux pas faire autrement sans me compromettre.
JULIE
Refuser de signer 1
CARACALLA
J’ai z-une raison invulnérable.
JULIE et GÉRARD.
Et laquelle?
CARACALLA , à demi-voix.
C’est... c’est que je ne sais pas écrire , vous le savez bien , et vous compromettez là un municipal. (Haut. ) Tout ce que je peux faire pour les citoyens , c’est de les prendre sous le bras , et de les conduire où ils voudront aller.
GÉRARD
Cela vaut encore mieux : à la messagerie nationale qui part ce soir.
CARACALLA
C’est à deux pas.
GÉRARD
Mais tu m’en réponds.
CARACALLA
Je ne les quitterai pas que la voiture ne soit partie , et je viens te rejoindre.
GÉRARD
Ici même , où je t’attendrai.
En route! Avec ma protection, vous iriez en enfer sans passeport.
( Il prend le général et le marquis sous le bras, et ils vont sortir parlaporle du fond. On entend à droite le bruit d’une clef dans une serrure.)