SCÈNE PREMIÈRE
DERNEVAL , MORIN.
MORIN
C’est vous, monsieur Derneval, qui frappez de si bonne heure à la porte de l’hôtel ?
DERNEVAL.
Oui , j’apportais à madame la comtesse et à sa fille celte romance
d’Otello, qu’elle avait désirée hier soir. Ces dames sont-elles visibles?
MORIN
Point z-encore.
derneval.
Et le général ?
' MOItlN.
Monsieur lecomtede Surgy? il est dans son cabinet. Voulez-vous lui parler?
DERNEVAL.
Oui, sans doute. C’est-à-dire , non ; il pourrait croire... Remetslui seulement ces papiers.
MORIN
C’est pour son procès ?
OERNEVAL.
Justement.
• MORIN'
Une belle affaire, qui vous a fait z-honneur : je m’y connais, parce qu’un avocat , c’est censément z-un orateur, et que je l’ai z-été autrefois.
OERNEVAL.
Toi, Morin?
MORIN
Oui, monsieur.
Air de Oui et Non.
Instruit ou non, ça n’y fait rien ,
On est 7-orateur de naissance ,
Et l'on vous comprend toujours bien Quand on parie avec 7.-ékxiuence.
Pour l’orthographe , j’in’en passais ,
Car eil’ m’a toujours t’nu rancune ,
Et l’on peut être bon Français Sans le parler z-à la tribune.
Mais ce que je vous en dis là, c’était dans les temps. Vous êtes trop jeune, monsieur Derneval, pour avoir vu ces temps-là, et vous ne savez pas tout ce que les honnêtes gens t-ont souffert ; quand on a, comme moi, tout perdu z-à la révolution ; qu’on a z-été compromis pour avoir sauvé des nobles, pour avoir fait z-évader une famille entière.
DERNEVAL.
Vraiment ! ce brave Morin î