‹ Œuvres choisies de E. Scribe 3Chapitre 231 sur 457 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le théâtre représente un grand salon ; porte au fond, deux portes latérales.

CATHERINE; MARIE , assise sur le devant, n gauche, est occupée à

dessiner.

CATHERINE , entrant.

Comment! mademoiselle Marie, vous êtes restée à la maison toute seule à travailler? vous n’étes pas à la promenade du malin ?

MARIE

Non; mais je les ai vus partir. La cavalcade était magnifique : mon oncle était dans la calèche; Malvina, ma cousine, était à la portière , et elle a tant de grâce à cheval ; elle monte si bien !

CATHERINE

Joli talent , pour une demoiselle !

MARIE

Et où est le mal ?

CATHERINE

Les convenances avant tout, mademoiselle, les convenances ; et quand je pense aux accidents. . .

MALViNA.

MARIE

Il n’y avait rien à craindre , puisque M. de Barentin , ce jeune élégant , qui est l’ami de la maison , caracolait à ses côtés , sur son beau cheval anglais.

CATHERINE

Son cheval , qui appartient à monsieur votre oncle.

MARIE

Comme il s’en sert toujours, c’est le sien.

CATHERINE

A ce compte, celle maison de campagne serait aussi la sienne. Air du Ménage de Garçon.

Sans façon , et deux ans de suite ,

Il est venu loger ici.

MARIE , quittant son dessin , et allant auprès de Catherine.

C’est un jeune homme de mérite ,

Un philosophe sans souci ,

Un sage, qui n’a rien à lui.

CATHERINE

Je conçois bien cette sagesse.

Car il peut , grâce à son aplomb ,

Se passer toujours de richesse ,

Tant que les autres en auront.

Il peut se passer de richesse ,

Tant que les autres en auront.

MARIE

Toi qui, l'année dernière , l’avais vu arriver avec tant de plaisir !

CATHERINE

Sans doute , le premier abord est pour lui : un joli cavalier, une jolie tournure; et ses malheurs, dont il parlait toujours;... et ce service qu’il avait rendu à votre oncle :... ce spectacle où il avait pris sa défense sans le connaître... Et puis, vous le dirai-je, j’ai cru d’abord que c’était un prétendu pour vous.

MARIE

Pour moi ?

CATHERINE

Oui, il était galant, assidu, il ne vous quittait pas; et j’aime tout de suite ceux qui vous aiment. Mais soudain cela a cessé , et pourquoi ? je vous le demande.

MARIE

Je m’en vais le le dire. Il y a un an , quand il est venu ici pour

jLaé — .

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