LES PRÉCÉDENTS; FRITZ
FRITZ
Madame, c’est un courrier à la livrée du prince, qui arrive eu toute hâte de la part du grand-duc.
MAL/ EN, à Sildcr.
Quel espoir!
MADAME BARNECK, étonnée.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
FRITZ
Il apporte deux lettres de son Altesse ; l’une est pour M. Salsbaclt, qui doit être ici.
MADAME HAllNECK.
C’est bien. Je me doute de ce que c’est , je la lui remettrai.
FRITZ
L’autre est adressée à M. le baron de Malzen.
"• MALZEN.
Donne vite. Eh bien ! est-ce que tu n’oses avancer ?
FRITZ
C’est que je vous vois la méme.cra vache que ce matin.
LOUISE
MALZEN , preuant vivement la lettre.
Eb ! donne donc. Dieu soit loué ! c’est la lettre que j’attendais ; et je triomphe enfin.
MADAME BARNECK.
Que dit-il ?
MALZEN , vivement et avee joie.
Oui , madame , j’avais écrit au prince , et lui rappelant les services de mon père et les miens , je l'avais supplié de refuser son consentement à ce mariage.
MADAME RARNECK.
Vous auriez osé?...
MALZEN.
Vous m’aviez fait condamner, je me suis pourvu en grâce.
MADAME BARNECK.
Si un souverain osait commettre une pareille injustice...
MALZEN, qui tout en parlant a décacheté la lettre, vient de jeter les yeux dessus, et fait un mouvement de douleur.
O ciel !
TOCS.
Qu’est-ce donc?
MALZEN, lisant d’une voix émue.
« Mon cher Malzen,
« Il y a un pouvoir au-dessus du mien : c’est celui des lois. Elles « ont prononcé ; je dois me taire, et donner le premier à mes sujets « l’exemple du respect qu’on doit à la justice.
« Votre affectionné maitre. »
(Froissant la lettre avec dépit.)
Quelle indignité !